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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:16

Que l'on ne s'y trompe pas: le nouveau film de Xavier Beauvois n'est pas un film sur la religion, mais sur la foi. En celà, l'histoire des moines de Tibhirine, loin de constituer un essai religieux réservé aux initiés, touche à l'universel par la question fondamentale qui en constitue la moelle épinière: jusqu'où est-on prêt à aller pour respecter ses principes, ses choix de vie, ses engagements.

 

Le film de Beauvois relate l'épisode de ces 8 moines trappistes (membres de l'ordre cistercien de la stricte observance) enlevés par le GIA en 1996 dans leur monastère (la guerre civile faisait alors rage en Algérie) et dont on découvrit plus tard les têtes tranchées. Des hommes et des dieux relate le choix auquel ont été confrontés les moines: celui de fuir leur monastère, ou celui de rester, au risque de mourir.

 

 "Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous ! Pourtant, vous mourrez comme des hommes, comme les princes, tous, vous tomberez". Cette citation de la Bible placée en exergue du film annonce d'emblée l'issue (connue) du métrage, en même temps qu'elle en constitue l'implacable résumé. Il m'est déjà arrivé de souligner dans les lignes de ce blog l'importance que renferment l'ouverture et la fermeture d'un film, bien souvent riches de sens et/ou d'indices. L'ouverture du film de Xavier Beauvois ne fait pas exception à la règle, puisque dès le départ, l'on comprend que le mal qui ronge le monde aura raison des hommes, et, par voie de conséquence, des moines du film.

 

 

La grande force du film de Xavier Beauvois, outre sa dénonciation de la manifestation du mal commis au nom de la religion ("Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'ils le font par conviction religieuse" dira le personnage incarné par l'admirable Michael Lonsdale, citant ainsi Pascal), réside dans la conviction des moines dans le bien-fondé de leur choix. Même si certains devront réaliser un douloureux parcours intérieur pour le reconnaître, ils finiront tous par accepter de continuer à vivre dans leur monastère, au service des habitants du village voisin, alors même qu'ils savent qu'ils risquent la mort (les terroristes ensanglantent la région).

 

 

Cette dévotion envers leurs principes, cette fidélité pour leur engagement, ne sont nullement à inscrire au tableau d'un quelconque consentement au martyr. Car même s'ils sont conscients qu'ils peuvent mourir à tout moment, les moines veulent vivre, et n'envisagent ce "suicide" collectif que comme une issue probable, mais nullement souhaitée. La seule motivation qui les anime est celle de leur choix de vie, et de la fidélité à leurs convictions. En celà, le film trouve un écho universel puisque le cas de conscience et le choix final des religieux résonne à l'intérieur de chacun de nous: serions-nous prêt au sacrifice (grand ou petit) pour conserver notre idéal de vie ?

 

 

Par ailleurs, il convient de relever l'excellence du jeu des acteurs qui, entre doutes et assurance, incarnent avec une admirable justesse ces hommes confrontés à leur conscience. Mention spéciale à Michael Lonsdale, dont on n'est pas prêt d'oublier l'incarnation de Frère Luc, entre gravité, humour et sagesse. Son monologue (improvisé) sur l'état amoureux, au cours duquel il explique à une jeune femme ce qu'est l'amour, constitue l'un des plus beaux moments du film.

 

 

En outre, la séquence située en fin de métrage voyant les moines partager un repas qu'ils savent peut-être être le dernier de leur vie, est magistrale en tous points, et d'une émotion bouleversante. Chaque visage de ces hommes est cadré en gros plan par la caméra de Beauvois, et les émotions successives qui s'y inscrivent reflètent leurs âmes comme un miroir, entre gaieté et tristesse, au son du Lac des Cygnes de Tchaikovski. Majestueux.

 

     

L'on regrettera simplement une mise en scène pas toujours cohérente (entre travellings, caméra à l'épaule et plans fixes, Beauvois se perd un peu), et un souffle métaphysique que le metteur en scène touche parfois du doigt sans toutefois parvenir à l'atteindre, réserves empêchant le film d'être un véritable chef d'oeuvre. Cependant, Des hommes et des dieux constitue une oeuvre clairement marquante, d'une justesse rare, et qui interpelle bien au-delà de la fin de la projection.

 

 

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 19:44

http://www.horreurshow.ovh.org/WordPress/wp-content/death-sentence-poster.jpgAprès Saw et Dead silence, le réalisateur James Wan revenait en 2007 derrière la caméra avec un film qui constitue pour moi un véritable coup de poing, mieux, un sommet de tension palpable et une oeuvre portant un regard d'une terrifiante lucidité sur la société et les êtres qui la composent. Dire que le film m'a mis dans un état de stress continu 90 minutes durant serait un doux euphémisme pour décrire ce que j'ai pu ressentir à la vision de ce vigilante movie véritablement secouant.


Death sentence décrit la lente descente eux enfers d'un homme dont le fils a été assassiné sous ses yeux dans une station service. Le père décidera d'appliquer la loi du talion pour que justice soit rendue, premier pas vers une désagrégation de sa personnalité, de ses convictions, de sa vie.

http://s.excessif.com/mmdia/i/27/7/3629277onenf.jpg?v=1

Ceux qui ont vu dans ce film l'apologie de l'autodéfense n'ont vraisemblablement rien compris au propos de James Wan. En effet, le chemin de croix du personnage incarné par l'exceptionnel Kevin Bacon (son meilleur rôle, les doigts dans le nez), prône à l'inverse le caractère vain et suicidaire du principe de la justice personnelle, aussi humain et légitime soit-il. Car en décidant de supprimer les responsables de la mort de son fils, le justicier va finalement devenir lui-même ce qu'il pourchasse, ce qui revient in fine à se pourchasser lui-même.

http://images.allmoviephoto.com/2007_Death_Sentence/2007_death_sentence_009.jpg

Par ailleurs, la transformation physique et mentale du personnage incarné par Bacon fait littéralement froid dans le dos, l'acteur parvenant à atteindre un niveau de crédibilité proprement remarquable, la deliquescence de l'âme de son personnage se lisant petit à petit sur son visage, jusqu'à une ultime transformation physique, à l'instar du Travis Bickle de Taxi Driver.

http://img.filmsactu.com/datas/films/d/e/death-sentence/n/477c5a19b69b4.jpg

 

http://thephoenix.com/secure/uploadedImages/The_Phoenix/Movies/Reviews/inside_death-sentence.gif

Le film de James Wan rappelle bien entendu la série des Death Wish avec Charles Bronson. En effet, le réalisateur livre un vigilante movie qui s'assume pleinement, sans aucun jugement moral de son personnage principal, mais au contraire avec un regard ontologique voire clinique, l'irrémédiable désintégration du héros n'étant que la résultante de ses choix. Par ailleurs, les scènes d'action, extrêmement réussies, ne reculent devant aucune sauvagerie, et Wan nous offre l'une des scènes de poursuite les plus jouissives que l'on ait pu voir depuis longtemps, s'achevant en un magistral plan-séquence à l'intérieur d'un parking.

http://img.filmsactu.com/datas/films/d/e/death-sentence/n/477c5a1fd808b.jpg

D'autre part, le réalisateur décrit à travers son histoire l'état de la société dans laquelle nous vivons, en même temps que la violence intrinsèque aux individus qui la composent. Civilisation sclérosée par la violence et la perte de repères, le monde de Death sentence (et donc le nôtre) se désagrège lentement, contaminant au passage ses protagonistes dans un tourbillon fatal contre lequel l'être humain ne saurait lutter. Terriblement pertinent, ce propos fait littéralement froid dans le dos.

http://l.yimg.com/eb/ymv/us/img/hv/photo/movie_pix/twentieth_century_fox/death_sentence/_group_photos/kevin_bacon5.jpg

Film m'ayant collé à mon fauteuil du début à la fin (malgré des séquences d'exposition mises en scène d'une manière totalement aseptisée), Death sentence secoue, interroge, fait monter l'adrénaline et vous laisse groggy dans un final d'une noirceur absolue qui ne laisse aucune chance à l'optimisme.



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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 08:38

http://a6.idata.over-blog.com/375x499/1/22/22/67/Affiches/bergman-cris-et-chuchotements.jpgS'atteler à la critique d'un film d'Ingmar Bergman peut, a priori, s'apparenter à un parcours du combattant. Le metteur en scène, que je considère comme l'un des trois plus grands de l'histoire du cinéma, suscite en moi une profonde humilité et un sentiment d'extrême respect.

L'intelligence du réalisateur suédois, la pertinence de ses films, le travail sur ses cadres, m'inspirent davantage le silence religieux que la critique argumentée. Cependant, et parce que toute oeuvre d'art se doit d'être appréhendée à l'aune de son contenu, les films de Bergman, aussi brillants soient-ils, ne sauraient se dérober à la critique, fut-elle sous-tendue par une dévotion sans bornes, et donc subjective (l'esprit de toute critique, en somme).

Cris et chuchotements, considéré à juste titre comme l'un des films les plus remarquables de Bergman, raconte l'histoire de trois soeurs réunies dans le manoir familial. L'une d'entre elles, Agnès, est atteinte d'un cancer et est veillée par Karin et Maria, ainsi que par leur domestique, Anna. Confrontées à la mort annoncée d'Agnès, chacune de ces femmes va peu à peu voir ressurgir ses peurs, ses démons, ses échecs, dans une violence sourde qui baignera tout le film.

http://a7.idata.over-blog.com/1/22/22/67/Affiches/cris-chuchotements-06.jpg

Le but de Bergman avec Cris et chuchotements apparaît limpide à l'issue de la projection: signifier l'omniprésence et la prégnance de la mort sur et dans l'existence, la vie portant en son sein les racines de la mort, tentacules appelées à se développer inexorablement, contaminant et orientant choix, réflexions, comportements. En celà, le film est un concentré de douleur dans son analyse ontologique et métaphysique de la nature humaine.

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/reportages/19-08-2009/il-etait-une-fois-cris-et-chuchotements/cris_et_chuchotements_4.jpg

Loin de ne proposer qu'une réflexion intellectuelle sur l'existence gangrenée par son poison fatal (l'on pourrait presque parler ici de Nemesis), Bergman livre également une oeuvre extrêmement sensorielle. A ce titre, le choix des couleurs du film imprègnent la rétine 90 minutes durant, dans un mélange de rouges et de blancs qui quitteront rarement l'écran. Ce rouge, que Bergman assimilait à la couleur de l'âme, pourra également être vu comme la représentation visuelle de cette violence qui englobe les personnages et les confronte à leurs échecs (Bergman utilisant par ailleurs cette couleur à de nombreuses reprises dans de troublants fondus au rouge).

http://s.tf1.fr/mmdia/i/93/4/3808934fmxeu.jpg?v=1

 

http://a21.idata.over-blog.com/1/22/22/67/Affiches/cris-chuchotements-05.jpg

http://farm5.static.flickr.com/4062/4407844315_6902c18e00_o.jpg

Cependant, le metteur en scène ne se complait jamais dans son pessimisme affiché, mais rappelle au contraire que le bonheur, aussi fugace soit-il, se doit d'être savouré lorsqu'il se présente. A ce titre, la scène finale s'inscrit pleinement dans cette démarche, et offre une bouffée d'oxygène à l'atmosphère anxiogène qui imprégnait chacune des scènes du film. La démarche est ici inversée par rapport à la séquence d'ouverture dans laquelle le cadre idyllique et champêtre des alentours du château laissaient la place à l'inexorable écoulement du temps via des horloges et leurs terrifiants tic-tac égrenant les secondes dans une angoissante mélopée. L'on ne redira à ce titre jamais assez l'importance de l'ouverture et de la fermeture d'un film, bien souvent riches d'indices, de sens, et d'intentions.

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/reportages/19-08-2009/il-etait-une-fois-cris-et-chuchotements/crischuchotement_haut.jpg

Le choix des cadres de Bergman se doit également d'être souligné, la mise en scène du réalisateur constituant le stylo avec lequel il raconte son histoire. Ainsi, le placement des personnages dans le cadre, les jeux de lumière et d'ombres, le choix des mouvements de caméra (à l'image de ce formidable travelling arrière suivant Anna et laissant apparaître en arrière-plan les silhouettes fantômatiques de Karin et de Maria), s'inscrivent comme de véritables leçons de mise en scène, celle où la forme détermine le fond.

http://culturazzi.org/review/wp-content/uploads/2009/06/bergman-cries-and-whisperslapieta.jpg

D'une vertigineuse richesse, à la fois pessimiste mais jamais résignée, l'histoire de Cris et chuchotements nous imprègne durablement après sa découverte, Bergman ayant réussi (comme il le fit quelques années plus tôt avec son chef d'oeuvre, Persona) à s'adresser à notre âme.

C'est aussi et surtout pour cela que j'aime le cinéma: sa capacité à contribuer à me construire.



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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 15:52

 

Suite au décès d'Alain Corneau, l'un des plus grands réalisateurs français et personne adorable que j'avais eu la chance de rencontrer en 2007, je poste la critique que j'avais faite du Deuxième souffle à l'époque de sa sortie.

 

 

En 1966, Jean-Pierre Melville réalisait Le deuxième souffle, adaptation du roman éponyme de José Giovanni. Plus de 40 ans plus tard, Alain Corneau, spécialiste du film noir (Police Python 357, Le choix des armes et surtout le chef d'oeuvre Série noire), nous livre sa vision de l'histoire.

 

A travers le destin de Gu (Daniel Auteuil), gangster tout juste évadé de prison et s'embarquant dans un dernier braquage avant de raccrocher les gants, Corneau dépeint la métamorphose du milieu. Autrefois mû par le code de l'honneur et le sens de la parole donnée, il se transforme, tombe en déliquescence et se trouve finalement gangrené par la traîtrise, le mensonge, les actes de bas-étage et la perte de tout repère.

 

En cela, le film de Corneau remplit son contrat et parvient à nous faire ressentir, à travers les yeux de Gu, la fin d'un monde, celui duquel il est issu et dont il ne souhaite pas sortir, refusant de s'adapter à un univers qui ne lui ressemble pas.

 

Plastiquement, le réalisateur opte pour une photo tout en ocres, rappelant le visuel du film de Wong Kar Wai, In the mood for love. Ce parti-pris, loin de n'être qu'un pur effet de style, ancre au contraire l'histoire dans un monde à part, en marge, régi par ses propres lois et principes. La mise en scène de Corneau, collant parfaitement à son sujet, trouve son point d'orgue dans la scène de fusillade finale, bluffant travelling vertical dans un escalier, englobant dans le cadre Auteuil et la horde de policiers venus l'arrêter, dans une dilatation du temps pleine de sens et nullement vaine.

 

 http://image.toutlecine.com/photos/l/e/0/le-deuxieme-souffle-le-deuxieme-souffle-the-second-wind-24-10-2007-3-g.jpg

 

En revanche, la narration, oscillant entre longues scènes de dialogues et éclairs de violence fulgurants, pêche par un rythme bancal, le film souffrant sans conteste trente minutes de trop. La faute à des dialogues trop écrits, sonnant bien souvent faux, et rendant de ce fait nombre d'échanges hermétiques à toute immersion du spectateur. Côté casting, force est de constater qu'Eric Cantona aurait dû rester aux vestiaires, et que Monica Bellucci, cantonnée à un rôle oscillant entre le faire-valoir, la potiche de service et le simple pot de fleurs, n'apporte strictement rien à l'intrigue. En revanche, Blanc, Dutronc et Auteuil relèvent le niveau, mais l'on ne peut que constater une direction d'acteurs plus qu'approximative, ces pointures du cinéma ayant par le passé livré des prestations beaucoup plus convaincantes.

 

 

 

Au final, c'est avec un goût doux-amer que l'on ressort de la salle, ce Deuxième souffle n'étant finalement pas à la hauteur des attentes qu'il aura suscitées. Mais l'on saura gré à Corneau d'avoir fait revivre au cinéma ces truands à l'ancienne, affranchis et totalement isolés.

En cela, le sublime plan final d'une ruelle en plein éveil au petit matin, où la vraie vie reprend le pas sur un monde totalement en marge et finalement parallèle, en est l'expression la plus visuelle. Et de fait, cinématographiquement, la plus éloquente de toutes.

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 13:11
Film d'une beauté plastique hallucinante, The fall soulignait l'exceptionnel talent pictural de Tarsem Singh, après son premier film, The cell.
Le générique ouvrant le long-métrage plonge d'emblée le spectateur dans une richesse de composition graphique qui happe littéralement la rétine, soutenue par la sublime musique de Beethoven (la Symphonie n°7, déjà utilisée par Gaspar Noé dans la séquence finale d'Irréversible).
 
La minutie de la composition des plans, le ralenti des mouvements, le fait d'être plongé d'emblée au milieu d'une séquence, font de ce générique un must qui ne peut que donner envie de découvrir le film dans sa totalité.
 
Enjoy !
 
 
 
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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 08:19

Pour son nouveau film, la note d'intention d'Alexandre Aja témoignait de la volonté de livrer un film fun, une pantalonnade assumée, une oeuvre potache destinée à offrir au public une bonne grosse tranche de cinéma dont l'aspect décomplexé n'aurait d'égal que le plaisir (non) coupable d'assister à une gigantesque séance de tripaille.

 

Pari à demi-réussi. Car là où les intentions louables du réalisateur de Haute tension (son meilleur film) et La colline a des yeux faisaient naître des espoirs de gros divertissement d'horreur, les choix scénaristiques, des personnages caricaturaux et, surtout, la redondance du procédé qui ne dépasse jamais son concept de base, font que Piranha 3D ne parvient malheureusement pas à emporter notre pleine adhésion.

 

 

 

 

Le film souffre tout d'abord d'une mise en place qui tire en longueur (un comble pour un métrage de 90 minutes), les personnages étant présentés à travers des dialogues écrits à la truelle, ce qui, outre l'ennui provoqué, ne crée aucun attachement envers les protagonistes. Seul le personnage incarné par la revenante Elisabeth Shue (petite amie de Marty Mc Fly dans Retour vers le futur 2 et 3) retient notre attention et possède un véritable charisme. 

 

 

Par ailleurs, Alexandre Aja se noie dans son propre sang. En effet, le concept toujours plus loin et toujours plus fort dans le sanguinolent jubilatoire se doit, pour tenir sur la longueur, d'être soutenu par une mise en scène transcendant le procédé, afin de ne pas créer de lassitude. Malheureusement, Aja filme ses scènes d'horreur de manière efficace certes, mais très classique, les séquences de boucherie se succédant avec une précision de métronome, cette mécanique demeurant trop ronronnante et systématique pour que l'on soit véritablement happé par les images (certaines d'entre elles sortent certes du lot, comme cette femme voyant son tronc se détacher de ses jambes).

 

 

La scène d'ouverture est elle aussi plutôt décevante. L'emploi de Richard Dreyfuss était une idée sympathique dans son clin d'oeil aux Dents de la mer (l'affiche du film rendant par ailleurs également hommage au film de Spielberg), mais la séquence s'avère molle du genou, et la participation de l'acteur ne dépasse malheureusement pas la simple figuration, alors que la scène, mieux écrite, aurait pu ouvrir le film en beauté.  D'autre part, le personnage incarné par Christopher Lloyd (Doc Brown dans la trilogie Retour vers le futur), est une caricature éhontée du célèbre personnage des films de Robert Zemeckis.

 

 

Par ailleurs, Alexandre Aja use à deux reprises d'effets totalement navrants tirant le film vers le bas. Ainsi, la scène du vomi en 3D n'a de raison d'être que pour balancer les restes du repas d'une jeune fille à la tête du spectateur. Et la séquence du piranha rotant un pénis ingéré quelques secondes plus tôt est quant à elle d'un ridicule achevé.

 


En revanche, les scènes de boucherie sont totalement réussies et l'on n'est pas trompé sur la marchandise: Aja nous avait promis des seins et de la barbaque, il nous en donne pour notre argent. Des seins, des fesses et des bikinis, l'écran en déverse par centaines, avant de nous montrer leur dépeçage en règle. Jubilatoire, d'autant que les effets spéciaux sont totalement réussis et réellement efficaces (notamment une séance de scalp particulièrement gratinée).

 

 

 

  

 

Piranha 3D ne constitue donc pas la baffe annoncée, mais demeure un film d'horreur fun de bonne facture malgré ses évidents scories. Espérons qu'Alexandre Aja exige un peu plus de rigueur scénaristique pour son prochain film. Car, bien qu'il fasse son petit effet sur le moment, Piranha 3D s'oublie aussi rapidement qu'il aura été vu.

 

 

 

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 10:49

Après Niels Arden Oplev, Daniel Alfredson (frère de Tomas Alfredson, réalisateur du chef d'oeuvre Let the right one in) prend la relève derrière la caméra pour la suite des (més)aventures de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander.

Aussi peu inspirée que celle de son prédecesseur, la mise en scène de Niels Arden Oplev se contente de filmer ses séquences comme un téléfilm.

Etant donné que la trilogie était destinée avant toute chose à être diffusée à la télévision (6 épisodes de 90 minutes), avant d'être condensée pour une exploitation en salles, il est finalement logique que l'on retrouve une mise en scène télévisuelle.

Il ne faudra donc pas chercher l'intérêt de la trilogie Millenium dans ses qualités formelles, mais bien dans la caractérisation de son personnage emblématique, Lisbeth Salander.

Car à la vision de ce deuxième opus, il devient évident que le sujet principal de la trilogie, c'est elle.

Incarnée par une Noomi Rapace plus séduisante, troublante et attachante que jamais, Lisbeth Salander constitue un personnage que l'on a constamment envie de prendre dans ses bras, de protéger, de réconforter.

 

 

 

 

 

La malédiction qui pèse sur cette jeune femme semble sans fin: père qui battait et violait sa mère, tentative de meurtre à l'âge de 12 ans, internement, agressions, viol, et j'en passe, les traumas qui pèsent sur Lisbeth sont aussi énormes que la jeune fille est chétive. Cet acharnement du destin est à l'origine de l'empathie que l'on éprouve pour elle, alors que son personnage est fort et déterminé. On est donc très loin d'une démarche tendant à attendrir le spectateur en lui présentant un être faible chahuté par la vie.

 

 

 

Par ailleurs, le film poursuit sa peinture d'êtres en marge. Lisbeth Salander bien sûr, mais aussi Michael Blomkvist qui oeuvre en sous-marin, la petite amie de Lisbeth qui a du mal à joindre les deux bouts, ou le bad guy de l'histoire, géant blond insensible à la douleur et totalement isolé (mentalement et physiquement) du reste du monde. La saga Millenium s'emploie donc pleinement à s'attacher avant tout à des marginaux qui se débattent avec leurs vies du mieux qu'ils le peuvent.

 

 

 

 

Cependant, Millenium 2 pêche par une trop grande quantité de dialogues et autres explications. Support télévisuel aidant, le verbiage est ici légion, et finit par atteindre un trop plein qui noie doucement le film. Par ailleurs, le métrage souffre de quelques incohérences (la scène post-enterrement) et facilités scénaristiques (l'épisode de la boîte postale), qui attirent forcément l'attention. Cependant, suspension d'incrédulité aidant, le suspense mis en place emporte la mise.

 

 

L'on notera enfin une scène agréablement sanglante en fin de métrage, à coups de hache dans les jambes et dans la tête, ainsi qu'une séquence d'électrocution sur testicules plutôt douloureuse à regarder pour la gent masculine. Mais une fois encore, la principale raison d'être de Millenium, et son intérêt majeur, tiennent en deux mots: Lisbeth Salander. Ce personnage restera pour moi l'un des plus attachants que j'ai vus depuis longtemps au cinéma.

Millenium 2 se situe au final à un niveau de qualité moindre que son prédecesseur (trop de dialogues, mise en scène au rabais, incohérences),mais demeure un divertissement plus qu'honnête et une peinture de caracères extrêmement touchante.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:09

Voici un teaser assez rare de la meilleure adaptation cinématographique du roman de Mary Shelley.

 

Le principe d'utiliser du sang à des fins typographiques est une remarquable idée, le personnage de Dracula (et donc son nom) ne pouvant exister que grâce au sang. Les images du film apparaissent quant à elles de manière extrêmement furtives, attisant la curiosité pour ce qui demeure comme le dernier chef d'oeuvre en date de Francis Ford Coppola.

 

Un must.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les bandes-annonces
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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 11:53

Méfiant par nature des phénomènes littéraires de masse, je m'étais volontairement tenu à l'écart du succès mondial que fut Millenium (le livre). La lecture demandant beaucoup plus de temps et d'implication sur la durée que le visionnage d'un film, les gros succès de librairie tels DaVinci Code ou Harry Potter me semblent toujours suspects et ont tendance à me faire penser que la qualité littéraire de l'oeuvre n'est peut-être pas celle que j'attends.

Non que je doute un instant de la capacité du plus grand nombre à apprécier un livre, mais plutôt de sa patience et de la fourniture de l'effort demandé, soutenu sur la longueur.

 

En revanche, lorsqu'un film adaptant un gros succès littéraire sort sur les écrans, je m'y plonge avec plaisir, car littérature et cinéma sont deux arts totalements distincts, aux moyens différents, et qu'il est aussi vain de comparer un film à un livre qu'une sculpture à un tableau.

 

C'est ainsi que je découvris Millenium (le film), sans en attendre grand chose, mais prêt à assister à un thriller de bonne facture.

 

Millenium raconte l'histoire de Mikael Blomkvist (efficace Michael Nyqvist), journaliste pour la revue Millenium qui se voit condamné pour des propos diffamatoires tenus dans les lignes du magazine à l'encontre d'un riche industriel. Condamné à une peine de prison, il va passer le temps qu'il lui reste avant de purger sa peine à tenter d'élucider la disparition d'une adolescente 30 ans plus tôt. Engagé par l'oncle de la disparue, il fera équipe avec  Lisbeth Salander (troublante Noomi Rapace), jeune femme mystérieuse qui l'aidera à élucider le mystère.

 

 

 

 

Disons le d'emblée: dans sa forme, Millenium ne possède aucune personnalité, le metteur en scène faisant preuve d'un style visuel inexistant et se contentant de filmer ses séquences proprement certes, mais sans inspiration. En ce sens, le film déçoit, car son scénario laissait la possibilité d'être transcendé visuellement. Il n'en est malheureusement rien. Seuls les épisodes du viol et de la vengeance de la victime trouvent une certaine force visuelle. J'y reviendrai.

 

 

 

En revanche, l'intrigue est solidement nouée, et le suspense se maintient gentiment tout au long des 2h30 que dure le film, sans provoquer l'ennui. Les secrets de famille se dévoileront ainsi petit à petit, et le noeud de l'histoire, à base de racisme et de violence congénitale, sera découvert par deux protagonistes principaux auxquels l'attachement du spectateur est très rapidement acquit. En effet, les personnages  de Michael Blomkvist et Lisbeth Salander représentent deux exclus de la société: le premier est exclu de toute vie sociale, professionnelle et famililale pour aller purger une peine de prison, la seconde est une marginale qui trimballe avec elle un traumatisme d'enfance extrêmement lourd à porter. Les deux personnages s'apporteront soutien et réconfort dans leur marginalité, emportant ainsi d'emblée l'adhésion du spectateur.

 

 

Par ailleurs, la motivation de Blomkvist et Salander est avant tout d'ordre personnel. En effet, chacun d'eux doit absolument se prouver quelque chose, et extraire de sa vie une satisfaction personnelle (Salander) ou effacer un échec (Blomkvist). En celà, leurs actions trouvent une résonnance bien plus forte et profonde que s'ils agissaient pour le seul appât du gain.

 

 

Il s'agit à présent de revenir sur la surprise du film: l'épisode du rape and revenge. Cet élément de l'histoire est totalement inattendu, et se rapproche dans l'idée de ce que l'on avait pu ressentir lors de la scène de sodomie de Ving Rhames dans Pulp fiction. Cet élément scénaristique, histoire dans l'histoire servant à dépeindre plus profondément le personnage de Lisbeth Salander, s'avère totalement réussi, aussi bien dans sa mise en scène, très clinique, que dans son impact émotionnel. La revanche de la victime sera quant à elle à l'avenant, frontale et sans concessions. Véritablement surprenant.

 

 

Millenium s'avère au final une très bonne surprise venue de Suède qui, à défaut de proposer une mise en scène inspirée et personnelle, constitue un thriller de très bonne facture, l'emportant avant tout par l'attention apportée à ses deux personnages principaux.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 16:01

Ce premier teaser de Spider-Man, tourné avant les évènements du 11 septembre 2001, fut retiré des écrans après l'effondrement des tours jumelles. La raison de ce retrait se trouve en fin de teaser, le plan en question possédant aujourd'hui une dimension supplémentaire, comme tous les films où l'on peut apercevoir les twin towers debout: celle d'une peine profonde témoignant du traumatisme (grand ou petit) provoqué par ce drame, en même temps que d'une véritable mélancolie. Comme si la vision des tours droites comme des i nous ramenait à une époque révolue...

 

Par ailleurs, l'autre particularité de ce teaser est d'utiliser des images qui ne se retrouveront pas dans le métrage final, mais qui furent tournées exclusivement pour le lancement du film.

 

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les bandes-annonces
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