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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 09:10
http://www.cinemovies.fr/images/data/affiches/2011/the-tree-of-life-9780-2095424342.jpgLa bande-annonce de The Tree of life avait rendu intenable l’attente du nouveau film de Terrence Malick. D’une beauté et d’une puissance émotionnelle à couper le souffle, elle laissait augurer d’un nouveau chef d’œuvre du réalisateur de La ligne rouge,  renvoyant au pilori nombre de films en l’espace de deux petites minutes. Face au résultat final, le terme d’euphémisme ne serait lui-même pas assez fort pour définir l’insondable consternation qui nous submerge à la vision du long-métrage.   Comment un metteur en scène de la trempe de Malick a-t-il pu se fourvoyer de la sorte ? Comment le poète qui nous livra jadis des splendeurs comme Les moissons du ciel ou Le nouveau monde a-t-il réussi à accoucher d’une œuvre aussi insupportable ?
 
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Car le constat est malheureusement bien là : The tree of life est un interminable, un prétentieux, un long et pénible cours de catéchisme porté sur plus de 2h15. Tout y est : créationnisme, amour de son prochain, endoctrinement des enfants (la scène où la mère dit à son fils en lui montrant le ciel « C’est ici qu’habite Dieu » mérite son pesant de cacahuètes), le tout dans un prosélytisme écoeurant donnant le sentiment d’être la victime d’une véritable prise d’otages. S’interroger sur la foi est une chose (Sous le soleil de Satan, Hadewijch ou même Signes constituent à ce titre des exemples réussis de longs-métrages interrogeant le spectateur sur une éventuelle puissance supérieure), asséner des croyances religieuses en les imposant comme l’unique vérité en est une autre. Et c’est malheureusement vers ce second choix que s’est tourné Terrence Malick, livrant un film qui demeure pour l’instant le pire de l’année.
 
http://zabmag.com/wp-content/uploads/2011/03/the_tree_of_life.jpg
 
http://blog.1001actus.com/wp-content/the-tree-of-life.jpg
Il y a cependant 2-3 choses à sauver dans The tree of life : une mise en scène d’exception (Malick est définitivement l’un des plus grands techniciens an activité), une musique sublime d’Alexandre Desplat, et quelques séquences qui parviennent à susciter une certaine émotion (les 2 premières minutes de la création de l’univers, certains plans d’une réelle sensualité poétique, notamment), mais ces dernières ne parviennent jamais à sauver ce pamphlet religieux dont la grossièreté d’approche confine à la vulgarité. En outre, Malick se complaît plus d’une fois à tirer sur les cordes qui faisaient le charme de ses précédentes œuvres : la voix off devient ici redondante et fatigante, la poésie devient forcée et creuse, les coupes de plans au milieu d’une scène confinent au systématisme maniériste, bref, le film constitue formellement le « Terrence Malick pour les nuls ».
 
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D’une longueur narrative qui ferait passer Autant en emporte le vent pour un court-métrage, The tree of life parvient, outre la colère de s’être fait entuber dans les grandes largeurs et d’avoir été bloqué dans une église pendant 2 heures, à susciter un besoin de plus en plus impérieux de se lever de son fauteuil et de sortir de la salle à grandes enjambées, tant les minutes semblent au fil du métrage durer des heures. Les soupirs de soulagement entendus dans la salle au générique de fin et les spectateurs étant parvenus à s’échapper en cours de projection témoignent de la pénibilité de cette épreuve.
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Difficile de concevoir et d’admettre que Terrence Malick soit tombé si bas, mais c’est malheureusement bien le cas : The tree of life est une œuvre de prédicateur, un cours de religion, une tentative d’endoctrinement.
Il ne manquait plus que la quête à la fin de la projection pour que le tableau soit complet.
 
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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 08:43
http://www.fant-asie.com/wp-content/uploads/2011/04/Affiche-du-film-Thor-de-Kenneth-Branagh.jpgA l'issue de la projection de Thor, il ne fait plus aucun doute sur ce qui a pu attirer Kenneth Branagh dans l'adaptation du célèbre comic de la Marvel. Le réalisateur de Peter's Friends, Hamlet ou encore du méconnu Au beau milieu de l'hiver (l'un de ses meilleurs films, à (re)découvrir de toute urgence), a de toute évidence repéré dans le scénario de Thor les éléments shakespeariens qui lui sont chers: les conflits familiaux et la trahison. Et l'on ne peut que s'incliner devant l'intelligence des producteurs de ce blockbuster d'avoir fait appel au réalisateur de Dead Again pour porter à l'écran les aventures du fils d'Odin, banni par son père du royaume d'Asgard par la faute de son propre frère, Loki... Le résultat final dépasse les espérances, même s'il n'est pas exempt de certains défauts.
http://media.melty.fr/thor-photos-film-chris-hemsworth-natalie-image-417461-article-ajust_650.jpg
 
http://www.flicksandbits.com/wp-content/uploads/2010/12/thor-anthony-hopkins-odin.jpg
http://dorkshelf.com/wordpress/wp-content/uploads//2011/05/Thor-Tom-Hiddleston-as-Loki.jpg
 
Ce qui inscrit Thor parmi les meilleures adaptations de comics, c'est avant tout le soin apporté aux relations envers les personnages d'Asgard, et notamment au trio Thor/Odin/Loki. La complexité de leurs rapports, la profondeur de leurs interactions et la richesse de leurs personnalités (les traumas sont légion), donnent à l'ensemble du métrage une densité thématique qui n'est pas sans rappeler le travail scénaristique exemplaire réalisé sur Spider-Man 2, meilleure adaptation d'un comic à ce jour. Il va finalement de soi que Kenneth Branagh était l'homme de la situation.
http://unesemaine-unchapitre.com/public/.thor-natalie-portman_m.jpg
 
http://s.excessif.com/mmdia/i/73/5/thor-de-kenneth-branagh-10431735zqwkf.jpg?v=1
Par ailleurs, le réalisateur de Frankenstein s'en sort avec les honneurs s'agissant des scènes d'action. D'une fluidité remarquable, elles témoignent d'un réel sens de l'espace de la part de Branagh, bien que les scènes de combat se situant sur la planète des géants de glace souffrent d'une photo un peu trop sombre (je plains les spectateurs qui ont découvert le film en 3D). Le metteur en scène parvient également à faire naître une émotion inattendue au détour d'une scène voyant Thor, devenu un simple humain, se transformer en celui qu'il a toujours été, sous les yeux du personnage incarné par la toujours sublime Natalie Portman. Toute la puissance et la mythologie du personnage éclatent sous nos yeux, alors que la transformation se déroule presque uniquement en hors champ, ou en de furtifs gros plans. L'émotion nous prend par surprise, en un pic d'adrénaline qui verra son aboutissement dans la scène d'action qui suivra.
 
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En revanche, certaines imperfections sont à relever, au premier rang desquelles une propension irritante du réalisateur à proposer des décadrages à tout bout de champ, les plans filmés de travers pullulant sans aucune justification. Par ailleurs, le personnage de Natalie Portman est malheureusement bâclé, alors qu'il y avait matière à le creuser davantage. De manière générale, les personnages secondaires du film passent plus ou moins à la trappe, l'essentiel du scénario s'attardant (une fois de plus, brillamment) sur les rapports familiaux entre Thor, son frère et son père.
Malgré ces quelques réserves, Thor constitue donc l'un des meilleurs films de super-héros sortis sur les écrans depuis longtemps, jusqu'à une séquence post-générique voyant l'apparition traditionnelle de Nick Fury (Samuel L. Jackson), nous préparant une fois de plus à l'arrivée prochaine sur les écrans de The Avengers.
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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:39

    http://www.nowhereelse.fr/wp-content/uploads/2011/02/poster-scream-4.jpgAprès un très bon opus inaugural, une suite un cran en-dessous mais proposant une scène d'introduction qui méritait le visionnage du film à elle toute seule et un faiblard numéro 3, voici que déboule sur nos écrans Scream 4, 11 ans après les derniers méfaits du(des) tueur(s) de Woodsboro.

 

Initiée par les frères Weinstein qui possèdent décidément le plus gros pouvoir de persuasion du monde (le réalisateur Wes Craven avait juré que Scream, c'était terminé), cette nouvelle séquelle réunit les acteurs de la trilogie originale (Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette) et de nouveaux venus comme Rory Culkin (le petit garçon de Signes), Hayden Panettiere (la pom-pom girl de la série Heroes) ou encore la craquante Marley Shelton (Boulevard de la mort, Planète terreur).

 

Ghostface est donc de retour dans la petite ville de Woodsboro dans laquelle revient Sidney Prescott pour y faire la promotion de son livre. Dès son arrivée, des meurtres sont perpétrés, et le personnage interprété par Neve Campbell de replonger dans un enfer qu'elle croyait loin derrière elle.

 

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Le premier Scream constituait une véritable déclaration d'amour au slasher, en même temps qu'un thriller horrifique d'excellente facture, donnant naissance à un personnage (Ghostface) rejoignant les grandes figures du cinéma d'horreur (Jason Voorhees, Michael Myers, Freddy Krueger, notamment). Le scénariste Kevin Williamson parvenait ainsi à proposer une histoire originale tout en payant son tribut à tout un pan du genre horrifique des années 70 et 80. De retour pour le scénario de Scream 4, Williamson donne un second souffle à la franchise en proposant une réflexion très intéressante et inattendue sur la notion de notoriété à l'ère d'internet. Le quart d'heure de célébrité cher à Andy Warhol prend ici une toute autre signification, puisque l'émergence du web permet à n'importe qui d'accéder à un semblant de notoriété, et ce sans talent particulier. Tout le monde peut se faire remaquer, autrement dit personne. Quelle est la façon de sortir du lot ? L'issue du film apportera la réponse.

 

http://www.horror-asylum.com/news/pics/neve-campbell-tools-up-for-scream-4.jpg 

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Les nouvelles technologies sont donc mises à l'honneur dans le film (téléphones portables, internet, webcam) pour développer une intrigue où l'image est au centre du scénario. L'affiche américaine du film proclame "New decade. New rules". Les règles du jeu ont en effet changé depuis Scream 3 et se rattachent in fine à cette nouvelle ère que nous vivons tous et dans laquelle les nouveaux moyens de communication et autres réseaux sociaux ont totalement modifié les relations sociales, pour le meilleur et pour le pire.

 

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http://www.bleedingcool.com/wp-content/uploads//2011/03/scream-4-blood-on-the-window.jpg

En revanche, et malgré une thématique forte, le film peine à trouver un véritable rythme, les baisses de régime étant légion et handicapant fortement la narration. Par ailleurs, la double fin du métrage est tristement ratée, Craven "ressuscitant" un personnage de manière totalement artificielle (l'annonce d'une nouvelle trilogie expliquant la chose). Enfin, le metteur en scène crache littéralement dans la soupe au détour d'une scène fustigeant les remakes des films d'horreur des années 70 et 80. Sachant que le réalisateur de Shocker a lui-même donné son aval aux remakes de ses films Les griffes de la nuit et La dernière maison sur la gauche, le procédé pue la malhonnêteté.

Scream 4 constitue donc une reprise plutôt habile de la franchise, développant une idée véritablement forte, mais souffrant de défauts l'empêchant finalement de se hisser au niveau du 1er opus. 


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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 10:44
http://www.spray-magazine.com/wp-content/uploads/2011/03/elsa_fraulein_ss_poster_01-1000x1508.jpgLa défunte Eurociné, société de production française spécialisée dans les films d'exploitation (La comtesse noire, Le lac des morts-vivants, Mondo cannibale, entre autres fleurons d'un cinéma bis cher à l'auteur de ces lignes), s'est également frotté à la nazisploitation, branche du cinéma d'exploitation mêlant nazis, sexe et violence (Ilsa la louve des SS, le célèbre Salon Kitty de Tinto Brass ou encore SS girls de l'ineffable Bruno Mattei en constituant quelques exemples). Elsa Fraulein SS fait ainsi partie des intrusions de la firme Eurociné dans un sous-genre initité tout d'abord, rappelons-le, par la littérature de gare post-seconde guerre mondiale (voir à ce titre l'excellente interview de Christophe Bier dans les bonus du dvd du film édité par Artus Films).
Elsa Fraulein SS raconte l'histoire d'un "train-bordel" envoyé par Hitler sur les lignes du front afin de remonter le moral des troupes. Le convoi, dirigé par la nazie Elsa Ackermann (sublime et sculpturale Malisa Longo) est surtout l'occasion pour le Führer de démasquer les officiers qui s'écarteraient du régime, grâce à des micros dissimulés un peu partout dans le train. Mais un élément va venir gripper cette machine a priori bien huilée: la présence d'un agent de la résistance française à l'intérieur du convoi.
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Investissant parfaitement le genre dans lequel il s'inscrit, le long-métrage de Patrice Rohmm fait ainsi se succéder érotisme (le léchage de bottes d'Elsa par un officier nazi provoquant une véritable extase de cette dernière constitue à ce titre l'oméga de la sensualité perverse qui imprègne le film), violence (les diverses exécutions qui parsèment l'histoire) tout en développant un récit d'espionnage sympathiquement menée (n'oublions pas que l'objectif principal des films de nazisploitation étant de proposer au spectateur de l'érotisme et de la violence, le reste n'étant qu'un prétexte à développer une histoire servant de fil rouge au film).
 
http://www.cult-cinema.ru/pictures/screenshots/elsa_fraulein_ss/elsa_fraulein_ss8.jpg
 
http://a10.idata.over-blog.com/299x168/0/23/00/64/Elsa-2.jpg
http://i31.photobucket.com/albums/c376/GPR79/Elsa14.jpg
On pourra reprocher à ce titre à Elsa Fraulein SS une certaine frilosité, tant dans son aspect érotique que dans ses scènes de torture et de violence. En effet, le metteur en scène semble ne pas avoir souhaité pousser trop loin le curseur de ces aspects constitutifs du genre, l'ensemble restant au final bien inoffensif et propret. Dommage pour un genre permettant justement l'excès et la surrenchère.
Ces réserves posées, Elsa Fraulein SS se laisse cependant suivre avec plaisir, celui d'une époque ou le cinéma pouvait prendre des chemins de traverse pour proposer des oeuvres de véritable exploitation, sortant totalement des sentiers battus en satisfaisant les instincts les plus primaires du spectateur. Rien que pour ça, le film mérite le détour.
 
   
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:34
http://collider.com/wp-content/uploads/paul_movie_poster_tagged_001.jpgShaun of the dead et Hot Fuzz payaient respectivement leur tribut au film de zombie et au buddy movie policier des années 80. Les scénaristes Simon Pegg et Edgar Wright (ce dernier endossant également la casquette de réalisateur) rendaient ainsi hommage à deux genres ayant nourri leur cinéphilie, laissant transpirer dans chacun des deux films leur amour sincère pour tout un pan du cinéma de genre, loin de tout cynisme et de tout opportunisme post-moderne (Robert Rodriguez, si tu m'entends...).
 
Premier scénario du duo Simon Pegg/Nick Frost, Paul s'inscrit lui aussi dans une démarche déférente, au sein d'un scénario plus malin qu'il n'y paraît, même si au final le film ne s'élève jamais au niveau de ses deux prédecesseurs. S'affranchissant de leur comparse Edgar Wright (parti tourner le magistral Scott Pilgrim vs the world, l'un des meilleurs films de 2010), Pegg et Frost se retrouvent devant la caméra de Greg Mottola, réalisateur de l'excellent Superbad, dans une histoire mettant en scène deux geeks tombant par hasard sur un extra-terrestre qui leur demande leur aide afin de rentrer chez lui. Ce dernier, présent sur Terre depuis le crash de Roswell en 1947, a fourni au gouvernement toutes sortes de renseignements pendant des décennies, tout en étant initiateur et conseiller de nombre de films et séries fantastiques des 60 dernières années. Les autorités américaines n'ayant plus besoin de lui, si ce n'est à des fins purement biologiques (avec prélèvement d'organes à la clef), Paul prend la fuite, bien décidé à retrouver ses compagnons d'outre-espace.
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Débutant au Comic Con de San Diego, le film est ainsi marqué d'emblée du sceau de la culture geek, les deux héros étant en effet passionnés de BD, de cinéma et de mondes imaginaires. Le film se verra donc parsemé de références plus (les clins d'oeil à E.T.) ou moins (le hangar des Aventuriers de l'arche perdue) appuyés et/ou évidents à tout un pan du cinéma spielbergien qu'affectionne les deux acteurs/scénaristes. Cependant, au milieu de cette succession de références au demeurant bien intégrées au métrage, ce sont surtout les dialogues qui posent problème à Paul.
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Grossier, irrévérencieux, vulgaire, le personnage de Paul aligne ainsi tout au long du film des répliques au ras des pâquerettes et sous la ceinture, le systématisme du procédé tombant bien souvent à plat et tirant le film vers une malheureuse beaufitude. Un extra-terrestre montrant son cul, ça fait rire le chaland, mais ça reste misérable. Les séquences se passant dans le slip ou multipliant les grossièretés simplement pour le plaisir sont ainsi bien trop nombreuses et totalement à côté de la plaque au sein d'un scénario pourtant bien plus fûté que son vernis de façade.
En effet, au-delà de l'aspect potache et du pan référentiel du métrage, le film interroge notre rapport à la fiction et à l'imaginaire, en faisant de Paul un être totalement intégré au quotidien des Terriens. 60 ans de légendes, de livres, de films ou de séries ont ainsi peu à peu fait de l'extra-terrestre (au sens large) une entité faisant partie intégrante de nos quotidiens. Le fait que l'alien porte un prénom humain dans le film est à ce titre significatif. La réflexion que propose le scénario de Pegg et Frost sur notre propre rapport à la fiction est ainsi extrêmement malin et intéressant.
 
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Enfin, l'un des gros points faibles du film dans sa version française est le doublage du personnage de Paul par Philippe Manoeuvre (Seth Rogen se chargeant de la version américaine). Impossible de faire abstraction du timbre de voix et du phrasé si particuliers du journaliste, à tel point que l'on voit davantage sur l'écran l'homme aux lunettes noires que le personnage qu'il incarne. Grave erreur de casting donc, qui ôte une bonne part de crédibilité à Paul.
Le film de Greg Mottola constitue donc un agréable moment de cinéma à défaut d'être inoubliable: on ne s'ennuie pas, les références sont un plaisir à déceler pour le cinéphile, et malgré un humour lourd et gras, la réflexion proposée est extrêmement pertinente.
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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 08:35
http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/21/03/18378446.jpgKim Jee-Woon, metteur en scène du très bon A bittersweet life et de l'acclamé I saw the devil (sortie en juillet prochain), réalisait en 2003 Deux soeurs, oeuvre fantastico-psychologique de pacotille, dont les promesses des premières minutes laissent peu à peu la place à un abyssal ennui doublé d'un twist dont le ridicule achevé n'a d'égal que le caractère artificiel de l'entreprise.
 
 
S'inscrivant dans la mouvance du renouveau du cinéma fantastique asiatique de la fin des 90's / début des années 2000 (Ring, Dark water et consorts), Deux soeurs s'inscrit comme une approche davantage psychologique du genre qu'il investit, parti-pris louable au demeurant, mais dont le metteur en scène s'acquitte avec une artificialité qui confine à l'arnaque pure et simple.
 
Et pourtant, cela commençait bien. Le film débute par l'interrogatoire d'une jeune fille par un médecin dans un hôpital que l'on imagine psychiatrique. La patiente reste muette devant les questions qui lui sont posées, et après quelques minutes, le récit se poursuit par un flash-back qui constituera le reste du métrage. Nous découvrons alors deux soeurs arrivant en voiture avec leur père dans une maison au bord d'un lac. A l'intérieur de la demeure les attend leur belle-mère. Les relations conflictuelles entre les deux jeunes filles et leur hôte ne cesseront dès lors de s'accroître. La mise en scène de Kim Jee-Woon lors de cette séquence d'arrivée au lac est alors aérienne, feutrée, l'atmosphère est envoûtante, et l'on se laisse happer avec délice par le caractère ennivrant des images et des mouvements de caméra. Par ailleurs, les décors de l'intérieur de la maison participent de cette ambiance calfeutrée et hors de temps, et l'on se trouve véritablement transporté par les images et le rythme du métrage.
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Le plaisir sera malheureusement de courte durée. En effet, l'envoûtement se transformera peu à peu en ennui, le metteur en scène s'investissant dans des séquences répétitives (multiplication des conflits belle-mère/belles-filles), distillant un mystère finalement plus pénible qu'autre chose tant l'ensemble sonne faux (aucune empathie envers les personnages), et nous servant en prime l'image de la jeune fille fantôme aux cheveux longs (plus cliché tu meurs).
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Au terme d'une narration laborieuse et de plus en plus pénible (l'ensemble se traîne comme une baleine échouée sur la grève), Kim Jee-Woon nous balancera un twist à deux centimes justifiant tout ce qui a précédé, révélation finale totalement improbable et d'un degré de crédibilité frôlant le zéro absolu. Il faut un certain talent pour se permettre de mener le spectateur par le bout du nez et lui faire accepter au final de remettre en cause tout ce qu'il vient de voir. Kim Jee-Woon, lui, s'en tamponne le coquillard que le spectateur y crois ou pas. La grossièreté de sa révélation, l'absence de toute subtilité dans le dénouement de son métrage et l'évidente absence de talent du metteur en scène pour trousser un film à twist font de Deux soeurs une catastrophe quasi-totale, tout juste sauvée par quelques plans inauguraux. Sur 1h50 de métrage, cela fait pâle figure.
 
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 08:19
http://www.cine-covershd.fr/gallerie/files/1/rango_612227_original.jpgSorti de la franchise Pirates des Caraïbes dont il assura la mise en scène des trois premiers opus (le 4ème volet ayant été confié au réalisateur Rob Marshall), Gore Verbinski nous revient avec un film d'animation dont la richesse scénaristique, l'inventivité de la mise en scène et la qualité des dialogues en font l'une des plus belles réussites cinématographiques sorties sur les écrans depuis le début de l'année. D'une beauté visuelle rivalisant avec celle des métrages des studios Pixar (le graphisme de Rango ayant été assuré par Industrial Light & Magic, la boîte à effets spéciaux de George Lucas), le film de Verbinski se démarque avant tout par ses multiples niveaux de lecture, la thématique de Rango recelant en effet des couches d'interpétation plus riches les unes que les autres.
Rango est un caméléon domestique se faisant éjecter de la voiture de ses propriétaires suite à une embardée sur une route au milieu du désert. Cabotin, Rango cherche avant tout à exister en tentant de trouver un sens à sa vie. Son arrivée dans la petite ville de Dirt, vestige du Far-West peuplé d'animaux du désert, lui donnera l'occasion de s'affirmer et de construire sa propre histoire.
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Le film constitue tout d'abord un vibrant hommage au western et à ses codes. Ces derniers sont ainsi repris par Verbinski dans des scènes plus jubilatoires les unes que les autres (duel, saloon, personnages aux mines patibulaires, poussière, etc...). Il s'agit ici de mettre l'accent sur deux scènes absolument fantastiques qui sortent véritablement du lot. La première marque la première entrée de Rango dans le saloon du village. Un ventilateur rouillé tourne au plafond. Le grincement de ce dernier ponctuera toute la scène, à l'image de ces sons persistants, répétitifs, plaintifs, se retrouvant dans nombre de scènes des westerns de Sergio Leone (le grincement de l'éolienne au début d'Il était une fois dans l'Ouest notamment). L'hommage est ici évident, et inscrit pleinement le film dans sa déférence au genre ultime du cinéma. La seconde scène totalement inattendue et pleine de sens marque la rencontre entre Rango et l'esprit de l'Ouest, ce dernier arborant les traits de l'homme sans nom en personne: Clint Eastwood. Le discours que tiendra ce dernier au personnage de Rango rejoindra l'une des idées forces du film: la fin d'un monde et la disparition des héros.
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Car Rango se fait en effet l'écho d'un constat amer et d'une triste réalité, celle d'un monde voulant aller toujours plus loin, toujours plus vite, en oubliant sur le bord du chemin des valeurs essentielles (la solidarité, l'humanité, l'entraide), laissant derrière elle la carcasse fumante d'une société qui prenait encore le temps, qui  n'avançait pas la tête dans le guidon, et qui comptait parmi ses membres des êtres qui ne regardaient pas uniquement leurs pieds en avançant dans la rue. Cette idée extrêmement forte du film se double d'une réflexion sur l'imaginaire et la nécessité pour toute société de se trouver des héros. La réplique de l'homme sans nom sera à ce titre significative: "aujourd'hui, les gens veulent mettre un nom sur tout". Ou cette séquence voyant le maire de Dirt asséner au serpent body hunter: "tu es le dernier hors-la-loi de ton espèce". La nécessité de l'imaginaire et des héros dans un monde qui n'en possède (presque) plus et qui broie peu à peu la nécessaire part de rêve se trouvant en chacun de nous, tel est le tour de force scénaristique de Rango.
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http://simplywallpaper.net/pictures/2010/12/27/Rango-Wallpaper-21.jpg
http://rango.cine.orange.fr/layout/images/photos/7.jpg
Parcours initiatique, réflexion sur la société moderne, hommage au western, Rango est tout cela à la fois, porté par une narration sans faille qui ne faiblit jamais. Par ailleurs, le film est ponctué de références au 7ème art que le cinéphile se plaira à reconnaître: Apocalypse now, Star wars, Il était une fois dans l'Ouest, et même Young Mr Lincoln de John Ford, les clins d'oeil abondent sans jamais prendre le pas sur le sujet du film. Soulignons également la mise en scène inventive et de toute beauté de Gore Verbinski, qui signe avec Rango sans conteste son meilleur film. L'on pourra cependant reprocher au métrage un trop plein de thèmes abordés, le scénario étant par moment un peu trop riche dans ses prétentions certes louables, mais qui sur une durée d'1h40 révèlent une abondance un peu trop marquée.
Cela n'enlève rien à la réussite de l'ensemble et au plaisir que l'on prend à suivre les aventures de ce caméléon qui symbolise, mine de rien, la survivance du rêve et de l'imagination comme rempart contre la sécheresse du monde. Du grand art.
 
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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:24
http://blog.abdominaux.tv/public/Stars/Cinema_-_300_pour_la_gloire.jpgZack Snyder serait-il l'homme d'un seul film ? Après le remake réussi du Dawn of the dead de George A. Romero (L'armée des morts), Snyder mettait en scène 300, adaptation du roman graphique de Frank Miller, et véritable ode cinématographique aux corps masculins huilés, aux abdominaux saillants et à la testostérone suintante.
 
Nombre de spectateurs se sont extasiés à la sortie du film devant l'esthétique du métrage et sa réalisation à coups de ralentis/accélérés, alors que 300 brille avant tout par son absence totale de point de vue et sa malheureuse déférence aveugle à son matériau de base.
 
Car respecter l'esprit de l'oeuvre qu'on adapte, c'est bien. En faire un copier/coller formel revient en revanche non seulement à se reposer totalement sur un support (en l'occurence un comic), et donc faire preuve de fainéantise éhontée, mais également à nier qu'oeuvre littéraire et cinématographique sont deux médiums différents qu'il s'agit d'aborder de façon distincte. Snyder, avec 300, décalque malheureusement le comic de Miller sur la pellicule, ôtant ainsi toute vélléité créatrice à l'ouvrage, en se réfugiant de surcroît derrière l'argument du respect à l'oeuvre de base, auréolé de la bénédiction de Frank Miller, accessoirement co-producteur du film.  
 
http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/25-06-2009/300-la-suite-cette-fois-ils-sont-600/300_52.jpg
 
http://www.pixelcreation.fr/fileadmin/img/sas_image/galerie/animation_3d/300-film/07_300_film.jpg
Relatant l'épisode de la bataille des Thermopyles opposant Spartiates et Perses en 480 avant J.C., 300 se laisse cependant suivre agréablement, certains plans possédant une vraie puissance d'évocation (l'épisode du loup, le plan de foule final), et la narration ne souffrant pas de temps mort. En revanche, difficile de garder son sérieux devant l'esthétique Tahiti douche de l'ensemble. Ainsi, les tablettes de chocolat en guise d'abdominaux, les muscles secs et virils et les corps imberbes des soldats spartiates, et les poses totalement artificielles des corps dans l'espace (à l'image de ce plan ridicule et à mourir de rire où le roi Leonidas se dresse nu face à la lune), parsèment le film de bout en bout, marquant le métrage du sceau plastique d'une publicité pour gel douche.
http://iranpoliticsclub.net/history/300/images/Leonidas%20and%20Persian%20Messenger%203.jpg
 
http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2007/03/300trailer2.jpg
 
Rappelons également que certains ont fustigé le film à l'époque de sa sortie en le taxant de manifeste pro-guerre, critiquant ainsi l'aspect clairement guerrier du métrage, mais accordant finalement bien trop d'importance à une idéologie somme toute absente du film, ce dernier s'inscrivant davantage comme un manifeste pour la liberté et contre la tyrannie que comme un film propagandiste. En tout état de cause, chercher une idéologie dans 300 revient à passer à côté de ce que le film constitue au final: une oeuvre décalque d'un roman graphique, sans âme, sans enjeu cinématographique, mais possédant une narration sans faille qui permet de suivre l'ensemble sans ennui, pour le seul plaisir des yeux.
Snyder réalisera par la suite Watchmen, adaptation du roman graphique d'Alan Moore, bien supérieure à ce 300, mais toujours handicapée par une mise en scène purement tape-à-l'oeil.
 
Snyder est donc bien l'homme d'un seul film.
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:26

"La chevauchée nocturne". Ces trois mots prononcés à la fin de True grit pourraient résumer à eux seuls le dernier film des frères Coen, renvoyant à une scène du métrage qui constitue à la fois un véritable pic d'émotion à vous vriller le coeur et le point du récit vers lequel tous les éléments convergent pour donner son sens à une oeuvre rare, désenchantée, qui installe définitivement les frères Coen parmi les plus grands metteurs en scène de l'histoire du cinéma, s'il était encore besoin de le prouver.

 

Investissant le western, genre cinématographique par excellence ayant notamment servi de vecteur à la peinture des grands mythes fondateurs de l'Amérique (la frontière, l'argent, les fausses légendes, la violence fondatrice, entre autres), Joel et Ethan Coen livrent un film à la beauté plastique renversante et développent un récit de violence et de mort à travers le périple d'une jeune fille cherchant à venger la mort de son père en s'attachant les services d'un marshal et d'un Texas Ranger. L'héroïne perdra petit à petit son innocence pour finalement abandonner son enfance lors d'une séquence mémorable située en fin de métrage.

 

 

 

Cette scène, cette "chevauchée nocturne", constitue l'un des plus beaux moments de cinéma des dix dernières années. Le marshal incarné par l'incroyable Jeff Bridges y transportera à dos de cheval puis à bout de bras la jeune fille blessée, dans une séquence bouleversante au cours de laquelle l'héroïne verra vraisemblablement pour la dernière fois de sa vie la beauté du monde avec la poésie de l'enfance. Les images du chef opérateur Roger Deakins, la musique de Carter Burwell et le lyrisme de la mise en scène des frères Coen débouchent sur un véritable miracle, un instant de cinéma précieux, hors du temps, en apesanteur, lourd de poésie et de sens, que je ne suis pas prêt d'oublier. Sonnant l'hallali de l'enfance de la jeune fille, faisant résonner le glas de son innocence, cette chevauchée marque de surcroît l'attachement filial que le marshal aura secrètement développé avec elle, et crée finalement une émotion impossible à contenir. 

 

 

 

Débutant par un somptueux plan nocturne sous la neige, filmé en lent travelling avant, le film s'ouvrira sur un cadavre abandonné, isolé, ignoré, signifiant la terrible crudité de la violence environnante. Cette solitude annoncée d'emblée sera celle de l'héroïne, du marshal, du Texas Ranger, et finalement de tous les protagonistes de l'histoire, se liant pour se délier, refusant de s'attacher pour ne pas souffrir (la jeune Mattie Ross ne reverra plus jamais le marshal Cogburn, père de substitution), errants fantômatiques dans un monde en proie à la violence et à la mort. La dernière image verra d'ailleurs le personnage de Mattie, âgé, avancer tel un fantôme pour lentement disparaître à l'horizon.

 

Par ailleurs, la violence surgira en permanence de manière soudaine dans le film, en de véritables explosions brisant le cours de la scène, à l'image de la fusillade à l'intérieur de la cabane. Cette approche de la violence chez les frères Coen se retrouve de film en film. Citons pour mémoire la scène du broyeur dans Fargo, les fusillades de Miller's crossing ou la scène finale de Blood simple. Le monde des frères Coen est désenchanté, violent, parcouru de beauté et de poésie, mais voué à la mort. Une mort en suspens, une mort en attente de se déclencher au détour d'une scène, sans avoir pris le temps de s'annoncer. Un désenchantement qui prenait déjà un ancrage prégnant dans No country for old men, et qui trouve en True grit un prolongement terrible en cela qu'il affecte l'enfance et s'attache à détruire la beauté dans un pourrissement permanent que seule la démarche personnelle pourrait permettre d'éradiquer temporairement.

 

 

La filmographie des frères Coen trouve donc en True grit un aboutissement thématique grandiose, sublimé par une mise en scène d'exception, jamais ostentatoire mais au contraire toujours dédiée à son histoire dans une économie d'effets de manches remarquable, cette dernière parvenant à créer une immersion totale par le biais d'une réalisation posée mais d'une vertigineuse maîtrise. Film de morts en sursis, film de fantômes, oeuvre dont le désenchantement n'a d'égale que la profonde poésie qui l'imprègne, True grit est le chef d'oeuvre de ce début d'année, incontestablement.

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 16:06

http://www.web-libre.org/medias/affiche-films/f3173935ed8ac4bf073c1bcd63171f8a.jpg"Ce que vous appelez l'enfer, il appelle ça chez lui" (Rambo 2). "Je mets mes pieds où je veux, et c'est souvent dans la gueule" (Invasion USA). " C'est là où la loi s'arrête que moi j'interviens" (Cobra). Les films d'action des années 80 regorgent de répliques de ce type, vestiges d'une époque révolue où les punchlines méritaient à elles seules le visionnage du film. Totalement improbables, assénées avec le plus grand sérieux du monde par les personnages, elles sont à elles seules la marque de fabrique des actioners 80's estampillés Stallone, Schwarzenegger, Norris, Seagal ou Van Damme. Commando représente peut être le parangon de la réplique qui tue, de la ligne de dialogue qui claque, en un mot, l'oméga de la punchline dont les cinéphiles adolescents des années 80, friands de films bourrins (dont je fais partie), connaissent le catalogue par coeur.

 

http://www.thefilmdb.co.uk/images/arnold%20schwarzenegger%20commando.jpg

 

http://www.nanarland.com/Chroniques/commando/commando4.jpg

 

Mettant en scène un Schwarzenegger (John Matrix) voyant sa fille kidnappée par un dictateur déchu sud-américain épaulé par un ancien membre de l'équipe à Schwarzy (l'inénarrable Bennett), Commando constitue un énorme morceau de n'importe quoi que l'on ne se lasse pas de revoir encore et encore, avec un plaisir intact, décuplé par la nostalgie d'une époque où les gros bras tenaient le haut du pavé du cinéma d'action. John Matrix détruira quiconque se dressera sur son passage afin de récupérer sa fille, jusqu'à un final surréaliste sur une île qui verra le héros venir à bout d'une centaine de soldats chargés de le tuer.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos-film/photos-acteur/images/commando-198515/16979253-1-fre-FR/COMMANDO-1985_reference.jpg

 

http://image.toutlecine.com/photos/c/o/m/commando-02-g.jpg

 

Mitraillettes, lances-roquettes, armes blanches, revolvers, machettes, scies circulaires, toutes les armes seront convoquées afin de sectionner, découper, transpercer, occire tout ce qui bouge. Nous aurons ainsi droit à une véritable apocalypse en règle de la part d'un Schwarzenegger alors au sommet de sa forme. Le duel final avec son ex-équipier Bennett, interprété par un Vernon Wells sosie de Freddy Mercury et dont l'interprétation confère au personnage une touche inattendue d'homosexualité latente, mérite son pesant de cacahuètes tant du point de vue des dialogues (le célèbre "crache ta vapeur sale pourriture" constitue peut-être la signature du film), que du montage totalement improbable (voir à ce titre la scène de la succession de coups de poings assénés par Matrix à Bennett, dans une soudaine accélération jubilatoire).

 

http://www.examiner.com/images/blog/wysiwyg/image/commando1(2).jpg

Commando constitue donc l'un de ces fleurons du film d'action de la décennie 80 dans lesquels des héros musclés venaient mettre une tannée à des centaines d'adversaires armés jusqu'aux dents, et qui bercèrent nos jeunes années de cinéphiles, au même titre qu'un Delta Force, qu'un Rambo II ou qu'un American Ninja.

Ou quand la jubilation nostalgique (non) coupable est à son paroxysme.

 


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