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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 15:36

http://www.tooticy.re/local/cache/img/r/L900xH900/2829-drive-cinema-reunion-974.jpgInitiée avec la trilogie Pusher, l'oeuvre du Danois Nicolas Winding Refn ne cesse, film après film, de prendre de l'ampleur, tant d'un point de vue thématique que formel. Bronson puis Valhalla Rising achevèrent d'inscrire le cinéaste comme un metteur en scène pour qui l'image et sa composition priment sur toute autre forme de considération dès lors qu'il s'agit de raconter une histoire. En effet, Refn fait partie de ces (trop rares) réalisateurs pour qui, à l'instar du pinceau chez le peintre ou du stylo chez l'écrivain, la caméra constitue l'outil permettant d'exprimer et de faire ressentir. Chez le metteur en scène, pas un cadrage, pas un travelling, pas un ralenti, n'est utilisé sans justification. En un mot, c'est la forme qui détermine le fond, et non l'inverse.

 

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Avec Drive, le cinéaste livre sans conteste son meilleur film. En mettant en scène l'histoire de ce garagiste/cascadeur le jour et chauffeur pour le compte de braqueurs la nuit (impressionnant Ryan Gosling), Refn va dérouler pendant 90 minutes une mélopée hypnotique où la solitude des êtres le dispute au sentiment d'exclusion, où la mélancolie (urbaine, existentielle) constitue le corollaire indissociable de la marginalité, et où la dualité s'inscrit comme le moteur de protagonistes incapables d'agir sans franchir la ligne blanche (le driver, les mafieux, le personnage de Standard).

 

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Lorsqu'il tombera amoureux de sa voisine (craquante et bouleversante Carey Mulligan), le driver verra chez elle et chez son petit garçon une raison de vivre qu'il ne soupçonnait plus mais qui se retournera cependant contre lui, comme si la fatalité de sa condition ne saurait souffrir aucun chemin de traverse. Pessimiste, Drive l'est assurément. En effet, se rapprochant davantage du courant déterministe que de l'existentialisme (chez Refn, l'essence précède toujours l'existence, en cela que les héros de ses films semblent incapables de sortir de leur condition), le long-métrage réserve cependant des moments de grâce lumineuse. A l'image de cette scène bouleversante dans laquelle le driver porte le jeune garçon dans ses bras, suivie par sa maman, les yeux débordant d'amour pour ce héros surgit de nulle part.

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Car il est bien question d'héroïsme dans Drive, au sens chevaleresque du terme. Comme l'a expliqué le réalisateur, son film met en scène un prince charmant, une princesse et un dragon. Ce n'est pas la moindre des richesses du film que cette transposition du conte dans un environnement contemporain. Loin s'en faut.

 

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Ainsi, l'atout majeur du long-métrage réside dans sa capacité à faire comprendre par l'image (ce n'est pas un hasard si le protagoniste est quasiment muet, à l'instar du héros silencieux de Valhalla rising), ce qui se déroule à l'écran. Les émotions et la compréhension des situations naissent dès lors des choix de cadrage et de la composition des plans, du montage et du rythme, plus que par les dialogues. A titre de meilleur exemple, la scène de l'ascenseur est un véritable modèle de mise en scène qui devrait être étudié dans les écoles. Par ailleurs, la musique du film, composée de morceaux pop et de musique originale (on notera également la présence répétée de l'envoûtant An ending (Ascent) de Brian Eno), participe ici d'une émotion qui nous submerge, là d'un goût sucré bubble gum en forme de soupape de sécurité, et s'inscrit pleinement comme partie intégrante de l'oeuvre, jamais vaine mais au contraire toujours productrice de sens.

 

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D'une richesse de chaque instant, d'une beauté plastique et d'un sens de la mise en scène proprement admirables, Drive parvient à imprégner au fil des minutes chaque pore de notre peau pour nous investir et nous conquérir totalement. Nous sortons ainsi du film comme une maison hantée, totalement sous l'emprise d'émotions, d'images et de sons qui, à n'en pas douter, nous posséderont pour longtemps.

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 09:10

http://img807.imageshack.us/img807/600/edmsorcieres.jpgAprès avoir posé sa caméra dans les décors légendaires d'Almeria pour son précédent court-métrage, Dead Bones, le réalisateur neuchâtelois Olivier Beguin quitte cette année la poussière, les chevaux et les antropophages de l'Ouest, pour oeuvrer sur le terrain bien concret et actuel du chômage et de la réinsertion. A cette différence près que le metteur en scène, amoureux du cinéma de genre, va parvenir à greffer à ce substrat bien tangible un fantastique du meilleur effet.

 

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Le BRPML (Bureau de Reconversion pour Mythes et Légendes), est une entreprise dont le but est de réinsérer dans la vie professionnelle zombies, sorcières, fées, en leur proposant un emploi répondant à leurs profils et à leurs compétences. 

A partir de ce sujet, Olivier Beguin trousse une comédie fantastique très réussie, faisant montre d'un talent de mise en scène indéniable, proposant sur une durée de 13 minutes une successions de scènes toutes plus réussies les unes que les autres, alternant trouvailles visuelles et idées scénaristiques sur un rythme qui ne faiblira jamais.

 

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Ainsi, les flashes back ponctuant les entretiens de chaque créature avec la responsable du BRPML (Catriona MacColl, vue notamment dans Frayeurs et L'au-delà, de Lucio Fulci) impriment au court-métrage une musicalité et une pulsation qui participent autant de sa réussite formelle que scénaristique, confirmant la maîtrise du réalisateur de Naufrage aussi bien d'un point de vue purement technique que d'écriture. Ecrit à quatre mains par Oliver Beguin et Colin Vettier, l'histoire d'Employé du mois se trouve en outre sublimée par la photographie de toute beauté de David Baumann, conférant au film une patine visuelle de grande classe.

 

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Par ailleurs, l'un des tours de force du film est de ne jamais tourner ses personnages en ridicule. Ainsi, alors même que l'humour est toujours présent, les mésaventures ponctuant la vie des créatures fantastiques du métrage ne viennent jamais ni corrompre leur caractère merveilleux, ni aliéner leur portée mythologique. En cela, Olivier Beguin affiche un profond amour et un respect sincère pour son bestiaire, ne cédant jamais à la caricature facile ou à la parodie.

C'est ainsi un pur plaisir de retrouver les mythes légendaires qui peuplent l'histoire du cinéma fantastique et de les voir confrontés à des problèmes tout sauf surnaturels. Le décalage est vraiment jubilatoire, et le comique (de situation, de dialogue, ou même à portée historique !), rend extrêmement attachants les protagonistes qui en sont le vecteur.

 

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Avec ce nouveau court-métrage à la plastique visuelle constituant un sans fautes, Olivier Beguin s'inscrit sans conteste comme un réalisateur à suivre de près. Et ce n'est pas un grand risque à prendre que de parier que son premier long-métrage, actuellement en préparation, fera à coup sûr parler de lui.

 


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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 08:14
http://media.zoom-cinema.fr/photos/11450/affiche-melancholia.jpg"Le monde est un bel endroit, qui mérite que l'on se batte pour lui". Cette assertion de l'écrivain Ernest Hemingway, citée par le personnage de Morgan Freeman à la fin de Se7en, trouve dans le dernier film de Lars von Trier son exact opposé: le monde n'est pas un bel endroit, et ne mérite pas que l'on se batte pour lui.
 
Oeuvre fascinante, pessimiste, esthétiquement superbe, alternant tableaux visuels et caméra à l'épaule, Melancholia se pose en effet comme une peinture redoutable de la nature humaine, entre lâcheté, méchanceté, cupidité et intolérance, et peut par ailleurs s'interpréter comme l'excroissance ultime du précédent film du metteur en scène, Antichrist.
 
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http://4.bp.blogspot.com/-qHCV0tMwa2Y/TkQQumDJphI/AAAAAAAACdc/Xq3MsUipkKQ/s1600/melancholia-de-lars-von-trier-10454583iruih.jpg
 
Débutant par une succession d'images d'une beauté à couper le souffle illustrant l'état mental des personnages dans plusieurs des scènes à venir (idée d'une richesse et d'une intelligence remarquables), Melancholia s'intéressera par la suite au mariage de Justine (parfaite Kirsten Dunst, récompensée au dernier festival de Cannes) au sein d'une somptueuse demeure à l'intérieur de laquelle les aspects les plus bas et les plus vils de l'âme humaine se révèleront dans une succession de séquences où la caméra portée de Von Trier se fera l'écho du chaos ambiant.
 
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Au sein de ce maelström de comportements pitoyables des uns et des autres, le personnage de Justine, d'une tristesse maladive, erre de pièce en pièce, s'isolant du groupe, fuyant un monde qu'elle sait livré à sa perte, et dont elle se détache petit à petit, jusqu'à la quasi-catatonie.
L'imminence du passage de la planète Melancholia à proximité de la Terre (passage dont l'issue sera dévoilé dès les premières minutes du film dans un plan à la puissance d'évocation foudroyante), achève de conforter Justine dans ses convictions sur le genre humain, ces dernières faisant l'objet d'un dialogue clé en fin de métrage entre elle et sa soeur. C'est en effet lors de cette scène capitale que l'enjeu et le sens du film seront clairement exposés, liant le tout dans une évidence d'un pessimisme dont la noirceur n'a d'égale que la lucidité.
 
http://wegotthiscovered.com/wp-content/uploads/Melancholia.jpg
 
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Par ailleurs, l'une des autres forces du film repose dans la capacité du réalisateur à impliquer le spectateur dans une histoire d'apocalypse dont on se demande à chaque instant: "et si cela arrivait réellement ?". Le pur aspect "science fiction" du film prend alors ici des allures de probabilité tangible par le questionnement et la peur qu'il provoque. La lente approche de la planète Melancholia s'impose à la fois comme la fin de notre monde, mais aussi comme une possible sanction divine - (attention spoiler) - (l'éloignement de la planète en fin de métrage, puis son retour brutal vers la Terre) - (fin de spoiler) - témoignant ainsi d'une humanité qui court à sa perte et qui, à force de s'autodétruire, verra son monde partir en fumée. A ce titre, la dernière scène du film, l'une des plus belles et des plus émotionnellement secouantes que l'ont ai vues au cinéma (l'ultime image marquera à jamais les mémoires), achève le cycle d'une humanité qui se sera consumée de l'intérieur.
 
Avec Melancholia, Lars von Trier signe assurément son film le plus abouti, narrativement, esthétiquement et émotionnellement. Oeuvre dont on ne ressort pas indemne, le film se ressent, interroge, et s'inscrira durablement dans les rétines, les mémoires et le coeur des spectateurs.
 
 
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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 13:27
http://images.fan-de-cinema.com/affiches/erotique/exhibition,0.jpgSélectionné au Festival de Cannes en 1975 dans la section "Perspectives du cinéma français", classé X dans un premier temps pour être finalement classé "Art et Essai", comptabilisant 3.5 millions d'entrées en salle au cours de son exploitation (davantage, à titre d'exemple, que Transformers 2 ou Slumdog millionaire), Exhibition constitue aujourd'hui l'un des films-témoins d'une époque révolue au cours de laquelle tous les types de cinéma avaient droit de cité dans les salles oscures.
 
S'attachant à dresser le portrait de la comédienne Claudine Beccarie, étoile filante du cinéma érotique des années 70, le film de Jean-François Davy met en lumière les motivations de l'actrice, les relations entre sa vie publique et sa vie privée, sa conception du cinéma érotique et du cinéma porno, tout en constituant un polaroïd des 70's, période faste du cinéma "pornérotique" au cours de laquelle le genre allait vivre ses plus belles années.
 
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http://kpitalrisk.free.fr/images/stars/61000/s_claudine_beccarie_07.jpg
 
Dotée d'un caractère en acier trempé, ne gardant pas sa langue dans sa poche, tout en faisant preuve d'une extrême douceur et d'un regard sincère et touchant sur l'érotisme, Claudine Beccarie s'avère d'une intelligence redoutable sur le métier, et sa beauté, ses gestes, ses paroles, transpirent littéralement de l'écran tant Jean-François Davy la filme avec amour et pudeur. Sa gentillesse et son caractère foncièrement adorable, doublés, il faut le dire, d'une certaine mauvaise foi plutôt réjouissante, se révèlent notamment dans la scène au cours de laquelle la comédienne attend les spectateurs à la sortie d'une salle de cinéma projetant l'un de ses films, pour les interviewer.
http://images.tvbase.net/v2/102500-102999/102852250250.png
 
Suivant la comédienne en plateau, chez sa mère, avec son petit ami, l'interrogeant sur son parcours et sur sa relation au métier, Davy parvient en outre au cours d'une séquence très émouvante à briser la coquille de l'actrice en lui faisant révéler un secret d'enfance traumatisant qui la marquera à jamais et qui explique, sans doute, la carapace qu'elle s'est forgée. En pleurs face caméra, Claudine Beccari baissera alors ses défenses pour se livrer avec une émotion non-feinte, et l'on devine alors en sous-texte l'une des raisons qui ont déterminé son choix de vie.
 
Mais ce qui ressort avant toute chose d'Exhibition, c'est sa peinture d'une époque paraissant aujourd'hui relever de la préhistoire (imaginez en 2011 des affiches de films X ornant les devantures de cinéma...). Période de libéralisation des moeurs s'il en est, les années 70 ne rougissaient pas de proposer au public des oeuvres certes interdites aux moins de 18 ans, mais qui trouvaient néanmoins leurs spectateurs en salle (voir pour s'en convaincre les chiffres incroyables d'Emmanuelle ou du présent Exhibition).
 
A la fois oeuvre instructive, éclairante, portrait très émouvant d'une comédienne qui choisira finalement de se retirer à la campagne et d'élever ses deux enfants, Exhibition se doit d'être découvert pour quiconque souhaite enrichir sa connaissance de cette fameuse "parenthèse enchantée", et permet d'en savoir un peu plus sur des comédiennes souvent conspuées et raillées, parfois, même, comparées à des prostituées...
 
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 22:14

http://i45.servimg.com/u/f45/15/65/63/33/super-11.jpgQue les tristes sires et les mauvaises langues de tout poil retournent dans leurs vestiaires. Que les cyniques et les coeurs secs ravalent leur innocence perdue.

Et que les aveugles aillent s'acheter une paire de lunettes.

On aura en effet entendu tant de bêtises sur SUPER 8: du sous-Spielberg, du cinéma passéiste, du copier-coller des films estampillés Amblin des années 80. Car, même s'il constitue une oeuvre se rapprochant clairement de l'esprit des longs-métrages spielbergiens des 80's, SUPER 8 développe une histoire qui trouve son propre substrat, sans avoir à le dégoter dans le cinéma de papa. Car le troisième film de J.J Abrams est avant tout un drame humain bouleversant: celui d'un adolescent ne parvenant pas à faire le deuil de la mort de sa mère. La perte et le manque de l'autre sont ainsi au centre du métrage, ce qui a vraisemblablement contribué à attiser les critiques négatives voyant dans la démarche d'Abrams une tendance à calquer son histoire sur celles des films de Spielberg dans lesquels les enfants, victimes eux aussi d'un manque (E.T.), ou d'une absence (Rencontres du troisième type), se trouvaient au centre de l'intrigue. Autant reprocher à Spielberg d'avoir réalisé un film sur le débarquement alors que cela avait déjà été fait avant, ou à Kubrick d'avoir osé songer à réaliser un nouveau Napoléon.

Bref, en l'état, SUPER 8 s'impose sans problèmes comme le meilleur film de son metteur en scène, tout en constituant un modèle de narration, l'intrigue poussant petit à petit le curseur de l'émotion vers un point qui atteindra son apogée lors d'une scène finale absolument bouleversante.

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Se déroulant en 1979, SUPER 8 raconte l'histoire d'un groupe d'adolescents confrontés à une étrange créature surgie d'un train militaire ayant déraillé sous leurs yeux, alors qu'ils tournaient un court-métrage à l'aide d'une caméra super 8. Le choix du metteur en scène de situer son film à la fin des années 70 est tout sauf anodin. Il révèle d'une part la volonté de J.J. Abrams de retrouver une narration et un type de récit qui lui sont chers (ceux des longs-métrages de son mentor spirituel, Steven Spielberg), mais également la part très personnelle que le metteur en scène a insufflé dans le personnage du jeune Charles, initiateur du court-métrage amateur du film. Un ancrage à la fois autobiographique et nostalgique qui confère au film une aura extrêmement sincère et dénuée de tout cynisme au sein de laquelle Abrams va pouvoir développer une histoire riche en émotions, extrêmement touchante, plongeant des personnages ordinaires dans une situation extraordinaire de laquelle ils sortiront tous grandis. 

 

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Débutant son film par une remarquable mise en place des personnages (aucun dialogue superflu, la mise en scène se chargeant par le seul biais de la caméra de poser ses protagonistes ainsi que leur passé), Abrams va se focaliser avant tout sur son héros, le jeune Joe, meurtri par la tragique disparition de sa mère au cours d'un accident du travail. Désormais seul avec un père distant, il trouvera réconfort auprès de son groupe d'amis, et l'amour auprès de la jeune Alice, interprétée par une Elle Fanning décidément de plus en plus prometteuse. 

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Maîtrisant de mieux en mieux l'outil cinématographique, le créateur de Lost a définitivement laissé tomber les tics télévisuels qui handicapaient son Mission impossible 3, pour proposer une réalisation de pur cinéma, à l'image du spectaculaire accident de train, scène au cours de laquelle la gestion de l'espace et des personnages en son sein est proprement remarquable. Par ailleurs, c'est un pur plaisir de cinéphile de ressentir tout l'amour du septième art contenu dans SUPER 8, de la passion de ses protagonistes pour le cinéma à la galerie de références au cinéma d'horreur ornant les murs de la chambre du personnage de Charles, en passant par un clin d'oeil très drôle au maître Romero.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/video/video-super-8-spielberg-et-j-j--abrams-devoilent-un-nouvel-extrait-de-leur-film/42994562-1-fre-FR/VIDEO-Super-8-Spielberg-et-J-J--Abrams-devoilent-un-nouvel-extrait-de-leur-film.jpg

 

http://blog.seattlepi.com/peoplescritic/files/2011/06/Riley-Griffiths.jpg

 

S'agissant de sa créature, J.J. Abrams jouera tout d'abord sur la suggestion avant de faire apparaître le monstre plein cadre lors d'un face à face avec le jeune Joe, séquence clé s'il en est, puisqu'elle constituera à la fois un pas de géant dans l'évolution psychologique du héros, tout en apportant un éclairage inattendu sur la bête. 

L'on pourra en revanche reprocher à SUPER 8 un bad guy militaire des plus caricaturaux, ou encore une malheureuse ellipse lors de la séquence de l'évasion de la grotte.

Certains reprocheront également à J.J. Abrams l'utilisation de ses fameux lens flares dont le metteur en scène s'est fait le spécialiste. Loin d'être un pur effet de style gratuit, ces rais de lumière striant l'écran contribuent au contraire à inscrire visuellement l'histoire dans le registre fantastique, tout en donnant au métrage une véritable patine visuelle.

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http://www.moviephotogallery.com/data/media/662/super_8_16.jpg

 

SUPER 8 constitue donc une oeuvre réussie de bout en bout, entre déclaration d'amour au cinéma, plaisir nostalgique, drame poignant et film fantastique de haute tenue. Pour quiconque a su garder un coeur et une âme d'enfant, le film de J.J. Abrams est une petite perle, et fera ruisseler immanquablement les larmes lors de la scène finale, qui nous ramène 30 ans en arrière, lorsque nous pleurions à la fin de E.T....

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:48

http://moviereviews.allmyblog.com/images/moviereviews/1_20110412_013841.jpgSorti dans une indifférence quasi-générale au début de l'été 2008 (la période estivale, rappelons-le, étant mortelle pour tout long-métrage non-estampillé blockbuster), In Bruges s'impose pourtant comme une oeuvre d'une singularité remarquable, à l'atmosphère unique, qui investit le film de gangsters pour en tordre les ficelles et en faire suinter une sève où la tristesse des personnages nimbe l'intégralité du métrage.


Narrant la fuite forcée de deux tueurs à gage dans la ville de Bruges suite à la bavure de l'un d'entre eux, le film s'évertuera à dépeindre avant toute chose l'insondable tristesse et la mélancolie palpable de ses personnages, notamment de celui interprété par Colin Farrell, qui trouve ici son meilleur rôle.

 

http://filmjournal.net/mjocallaghan/files/2009/01/in-bruges.jpg

 

In Bruges, exceptionnel film d'atmosphère, s'impose comme une oeuvre véritablement sensorielle, d'une émotion bouleversante (la musique de Carter Burwell, d'une somptuosité et d'une beauté à pleurer, fait chavirer l'âme à chacune de ses notes), et d'une splendeur plastique remarquable. Par ailleurs, le sublime décor de Bruges (après avoir vu le film, impossible de ne pas avoir envie de boucler ses valises et de monter dans le premier train pour découvrir la ville), participe pleinement de cette mélancolie, et n'est ni plus ni moins que le reflet de l'état intérieur de ses personnages. Une ville où le temps semble s'être arrêté, et dans laquelle la beauté (des monuments / de l'âme) le dispute à la mélancolie (de ses canaux, de ses ruelles / des protagonistes). Un effet de miroir que veut fuir le tueur interprété par Colin Farrell alors que son comparse (Brendan Gleeson, tout en finesse de jeu) se le coltine courageusement.

 

http://thefilmstage.com/wp-content/uploads/2010/06/in-bruges1.jpg

 

http://static.guim.co.uk/sys-images/Film/Pix/pictures/2008/04/17/inbruges460.jpg

 

Par ailleurs, In Bruges fait également la part belle à l'humour décalé. On y croisera ainsi un nain raciste, un skinhead borgne, un commanditaire (parfait Ralph Fiennes) soucieux du bonheur de ses sbires avant leur exécution, et un Russe adepte des alcôves. Un décalage total dans la caractérisation des personnages secondaires contribue ainsi à faire baigner tout le film dans un univers en marge, où le rêve semble prendre le pas sur la réalité (l'épisode du film dans le film est là pour en attester). Le long-métrage se situe de fait en permanence à la lisière du fantastique, larguant les amarres du genre qu'il investit pour prendre le large et naviguer vers des horizons insoupçonnés.

 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/57/31/18907809.jpg

 

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http://collider.com/uploads/imageGallery/In_Bruges/in_bruges_movie_image_ralph_fiennes__1_.jpg

 

Pour celles et ceux qui seraient passés à côté de cette perle rare, In Bruges se doit d'être découvert de toute urgence, tant sa singularité, son atmosphère, son décalage constant et la beauté de sa mise en scène l'inscrivent comme l'un des films les plus surprenants de ces dernières années.

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 13:21
http://cinemateaser.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/11/BLUE-VALENTINE-POSTER.jpg
Le mélodrame pourrait concourir sans problèmes au titre de "genre cinématographique le plus casse-gueule" du septième art. Là où l'immense Douglas Sirk lui donna ses titres de noblesse avec des oeuvres aussi indispensables que Tout ce que le ciel permet, Ecrit sur du vent ou Le temps de vivre et le temps de mourir, d'autres réalisateurs s'y vautrèrent avec la discrétion d'un hippopotame testant des canapés chez Ikea, en misant sur le tire-larmes à fond les gamelles, histoire de rameuter le chaland avide de facilité lacrymale (le Lars von Trier de Dancer in the dark ou le Guillaume Canet des Petits mouchoirs, pour ne citer qu'eux).
 
Plutôt courageux pour le débutant Derek Cianfrance, donc, de s'essayer au mélo pour son premier long-métrage. Dire que le metteur en scène s'en sort avec les honneurs serait un euphémisme, puisque Blue Valentine constitue ni plus ni moins qu'une gigantesque déflagration émotionnelle qui nous explose en plein coeur et dont les répercussions nous poursuivent et nous secouent bien après la projection.
http://marvelll.fr/wp-content/gallery/blue-valentine/blue-valentine-photo-3.jpg
 
Auscultant le lent délitement d'un couple à travers un quotidien de plus en plus oppressant, le réalisateur nous dépeint le désamour qui peut s'emparer d'un être pour son conjoint à travers des non-dits, des détails (c'est toujours en leur sein que se cache le diable), et des regards qui en disent plus long que n'importe quel discours. Ainsi, un mot trop vite prononcé, un corps que l'on répugne progressivement à toucher, la présence de l'autre que l'on ne supporte plus, apparaissent comme autant de signes de détachement . En l'occurence, celui qu'éprouvera le personnage de Cindy (parfaite Michelle Williams) pour son mari Dean (bouleversant Ryan Gosling). La désintégration de ce couple s'avèrera ainsi au final comme l'une des plus traumatisantes jamais portées sur un écran.
 
http://www.cinereves.com/photos/BLUE%20VALENTINE%2027.JPG
 
http://a10.idata.over-blog.com/600x398/3/34/23/10/Cinema/Blue-Valentine---Michelle-Williams.jpg
 
Optant pour un astucieux montage alternant flash backs et temps présent, Derek Cianfrance nous convie à découvrir comment les deux personnages principaux se sont rencontrés et aimés, mais également ce qu'ils sont devenus, dans une traumatisante construction parallèle qui invite d'emblée le spectateur à l'identification (cette histoire peut arriver à n'importe qui). Ou comment peut-on passer d'un amour absolu au néant sentimental et au mépris de l'autre. Une lente descente aux enfers dont l'inéluctable cours n'a d'égale que l'universalité de sa portée. Film d'horreur Blue Valentine ? On n'en est pas loin.
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Jamais larmoyant mais s'inscrivant au contraire dans une démarche sincère dont l'absence de calcul mérite le plus grand des respects, Blue Valentine alterne les électro-chocs viscéraux et noue la gorge à plusieurs reprises, en faisant sien l'axiome selon lequel l'amour n'a d'autre maître que lui-même. Les personnages subiront ainsi l'absence totale de contrôle sur le devenir de leurs sentiments, malgré leurs efforts pour tenter de tout sauver.
Témoins impuissants de la tragédie ordinaire qui se déroule sous nos yeux, déglingués à l'intérieur, secoués par une potentielle résonnance personnelle, on sort lessivés de Blue Valentine, essorés, les yeux pleins de larme et le coeur en vrille, la dernière scène du film constituant le coup de massue final qui enverrait au tapis le plus robuste des spectateurs. L'amour est mort, mais la vie continue.
 
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 20:45

http://www.brutalashell.com/wp-content/uploads/2010/11/Dream-Home-Poster.jpgTriangle, Black death, Bedevilled, Grace... Le point commun de ces oeuvres ? De ne pas avoir bénéficié d'une sortie sur grand écran, pour être directement expédiés dans les bacs à dvd. Alors qu'ils bénéficient d'un scénario en béton, d'une mise en scène qui en remontre à bien des films ayant la chance d'être projetés sur grand écran, et d'une interprétation remarquable, ces longs-métrages n'ont pas été jugés dignes de pouvoir tenter leur chance dans les salles obscures. Dream home, de Ho-Cheung Pang, est de ces films-là, de ces oeuvres de genre condamnées à se faire connaître en festivals et à s'épanouir dans nos platines dvd. Mieux que rien, vous me direz. 

 

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http://2.bp.blogspot.com/_DGNo0e7AYRE/TD3Md_Un4oI/AAAAAAAACyM/SFI6n791Cuo/s1600/hkmov_1270714734-0.jpg

Alors qu'elle rêve de s'offrir un appartement à Hong-Kong avec vue sur la mer, Cheng Lai-Sheung se heurte au prix du bien qu'elle convoite, bien trop élevé pour elle. Afin de se donner toutes les chances de pouvoir acquérir le logement de ses rêves, elle prend la décision d'en faire baisser la valeur en zigouillant certains des occupants de l'immeuble. 

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/66/2/dream-home-de-ho-cheung-pang-10281662bwgxc.jpg?v=1

 

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Intelligent, Dream home l'est assurément. Assumant le mélange des genres (film d'horreur et critique sociale), le film de Ho-Cheung Pang aborde ainsi la flambée des prix de l'immobilier (l'histoire se situe avant la crise des subprimes), en la traitant par le biais du gore, l'héroïne étant prête à toutes les exactions pour se payer l'appartement dont elle rêve. Ou comment l'évolution financière d'une société peut influer sur le comportement individuel de ses membres. Ne reculant devant rien, le personnage principal commettra ainsi les meurtres les plus atroces (les séquences de tuerie sont graphiquement très dures, à l'image du meurtre à l'aspirateur), afin de pouvoir accéder à son rêve.

 

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Par ailleurs, le metteur en scène parsème son film d'un humour extrêmement particulier car bien souvent mêlé à l'horreur la plus totale. Des ruptures de tons périlleuses que Pang négocie avec une aisance étonnante. Le sexe est également au menu du propos du réalisateur, ce dernier décrivant une société où le cul le plus décomplexé (fellation en bagnole, partouzes improvisées) n'est plus devenu l'exception mais la norme. Une évolution sociale qui elle aussi participe de la modification comportementale des individus. Nul jugement de valeur ici, simplement une constatation où le point de vue de Pang demeure davantage dans les conséquences de cet état de fait (le corps est une masse de chair dont on peut disposer à l'envi) que dans la dénonciation rétrograde.

Relevons également une mise en scène de toute beauté, où les travellings les plus élégants le disputent aux perspectives réellement troublantes (voir à ce titre le générique de début où jamais des buildings n'ont été aussi bien filmés).

Dream home se pose au final comme une oeuvre étonnante, déroutante, visuellement et émotionnellement choquante, qui n'a pas peur de gratter là où ça fait mal: dans les tripes.

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:10

http://www.mainstreamclub.org/wp-content/uploads/2011/04/x-men-first-class-2.jpgOublions d'emblée le calamiteux Wolverine, spin-off de triste mémoire dont la laideur visuelle n'avait d'égale que le caractère pitoyable de son scénario, pour se remettre en mémoire la trilogie X-men initiée par Bryan Singer. Ainsi, le premier volet réussissait le pari de l'adaptation du célèbre comic de la Marvel, malgré un final expédié et plutôt chiche en termes de climax. X-Men 2 supplantait quant à lui son modèle pour nous offrir un film pleinement maîtrisé, rehaussant la barre tant de son scénario que de son visuel. X-Men l'affrontement final, réalisé par l'inénarrable Brett Ratner, bien que décrié et conspué par la critique, demeurait néanmoins un actioner réussi doté de scènes réellement immersives. Lorsque fut annoncée la mise en chantier d'un nouveau volet de la saga par l'auteur du génial Kick-ass, tous les espoirs étaient alors permis. Et face au résultat final, tous les espoirs sont pleinement satisfaits. Car X-Men first class constitue bien le meilleur épisode de toute la franchise.

http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/02/X-Men-First-Class-Magneto.jpg

Remontant aux origines des célèbres mutants, Matthew Vaughn a la riche idée de débuter son film en reprenant la scène inaugurale du premier X-Men (le camp de concentration), la prolongeant in fine afin de constituer le lien avec sa propre histoire. Ainsi, le personnage de Magneto fera la connaissance de sa Nemesis, incarnée par le toujours très bon Kevin Bacon, mutant nazi à l'origine du drame fondateur qui fera basculer l'ami de Charles Xavier du côté du mal. D'emblée, le long-métrage marque son ancrage dans l'esprit des précédents opus. Il s'en démarquera cependant par la suite en proposant une adaptation totalement originale du comic, l'inscrivant dans un esprit délicieusement pop et furieusement James Bondesque (jusque dans son générique de fin).

 

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Sur fond de guerre froide et de crise des missiles de Cuba, X-Men first class réussit totalement son entreprise uchronique et nous plonge dans des années 60 palpables (le production design du film est fabuleux), en déroulant une pure intrigue d'espionnage que n'aurait pas renié Ian Fleming. Le tour de force du réalisateur de Stardust consistant en outre à ne jamais perdre de vue les motivations et la caractérisation de ses personnages. La dualité de Magneto, le choix pour les mutants de rejoindre l'un ou l'autre camp, leur rejet par les humains, toutes ces composantes de l'univers X-Men sont bien présentes et traitées de façon subtile et bien souvent déchirantes par le réalisateur (la scène du choix final sur la plage). La perspective nouvelle offerte par le long-métrage sur le personnage de Magneto témoigne à ce titre du soin apporté par Matthew Vaughn et ses scénaristes à la psychologie des protagonistes.

 http://www.cinemawallpaper.com/wp-content/uploads/2011/06/X-Men-First-Class-submarine.jpg

Le metteur en scène réussit également haut la main ses séquences d'action, à l'image du climax maritime final à base de sous-marin volant, d'avion furtif et de navires de guerres. Une étonnante maîtrise du cadre vu le nombre d'éléments à y inscrire, ainsi qu'une fluidité de chaque instant dans l'action, constituent une preuve supplémentaire de l'étonnante maîtrise formelle de Vaughn, à l'heure de la toute puissante shaky-cam.

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Notons enfin une apparition surprise aussi courte qu'hilarante de l'un des personnages phares de la franchise, une musique à tomber de Henry Jackman (le thème de Magneto est mémorable), ainsi qu'une séquence finale pleine de promesses, et l'on ne peut décidément que tirer son chapeau à Matthew Vaughn d'avoir su nous proposer une adaptation d'une telle virtuosité.

 



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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 07:32

http://news.idealo.fr/wp-content/uploads/2011/05/Pirates-des-Caraïbes-la-Fontaine-de-Jouvence.jpgLes films de pirates ont toujours constitué un terreau propice à la mise en oeuvre d'une démarche cinématographique tendant à prendre le spectateur par la main et à le faire s'évader loin de son fauteuil, vers des contrées lointaines, donnant à l'aventure en tant que genre toute sa superbe ainsi qu'au cinéma toute la dimension purement divertissante qu'il constitue (aussi). Ce que Robert Louis Stevenson réussit avec son roman L'île au trésor, le cinéma y parvint avec des oeuvres telles Le corsaire rouge, Captain Blood, La flibustière des AntillesPirates ou bien sûr Les contrebandiers de Moonfleet, le chef d'oeuvre du genre.  La saga Pirates des Caraibes ne déroge pas à la règle et représente elle aussi un exemple réussi de cinéma d'aventures dans lequel les navires, les trésors, les quêtes, le grand large et l'exotisme d'une manière générale empoignent le spectateur pour l'immerger dans un univers picaresque extrêmement cinégénique.

http://s.excessif.com/mmdia/i/87/2/pirates-des-caraibes-la-fontaine-de-jouvence-de-rob-marshall-10363872scaxi_1731.jpg?v=4

 

http://www.potinsnews.com/images/11-05-23/Pirates_des_Caraibes_4_Quatrieme_meilleur_demarrage_mondial.jpg

Le quatrième volet des aventures de Jack Sparrow, même s'il ne constitue pas le meilleur épisode de la franchise (le premier segment reste pour l'instant loin au-dessus des autres), remplit néanmoins son rôle de divertissement d'aventures et comporte son lot de poursuites, de trahisons, de combats et de mystères en tous genres à même de satisfaire les attentes d'un spectateur avide d'évasions lointaines. Que l'on ne s'y trompe pas, Pirates des Caraïbes: La Fontaine de Jouvence utilise des figures de styles éprouvées et n'innove en rien. Ici réside sa faiblesse mais aussi sa force. Car loin de révolutionner le genre (quelle production estampillée Disney s'en targuerait ?), le film emprunte des chemins balisés mais à l'efficacité prouvée. 

 

http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/01/Pirates-des-Caraïbes-4-Barbe-Noire.jpg

Les éléments des trois premiers épisodes sont donc repris à l'envi, prenant pour centre une nouvelle quête, celle de la Fontaine de Jouvence, qui rappelle furieusement celle que poursuivait le personnage de Harrison Ford dans Indiana Jones et la dernière croisade: le Graal. La séquence finale réunissant les protagonistes autour de la fontaine fait en l'occurrence inévitablement penser à la scène de la découverte du Graal dans la grotte à la fin de la troisième aventure du Docteur Jones.

Par ailleurs, ce quatrième volet de la saga peut se targuer de comporter la plus belle scène de la série toute entière: l'apparition des sirènes. Cette séquence, dans laquelle le fantastique s'immisce dans l'histoire, est d'une beauté véritablement inattendue, proposant des images à la puissance d'évocation remarquable, dans une suspension du temps où le merveilleux prend le pas sur l'action. 

 

http://53.img.v4.skyrock.net/53e/70-pdc-70/pics/2994976225_1_7_GMnCqxrp.jpg

 

http://www.chtounet.com/blog/wp-content/uploads/2011/05/pirate181-1024x679.jpg

En revanche, outre ce passage qui sort du lot, le film souffre d'une mise en scène efficace mais totalement impersonnelle de la part de Rob Marshall, le réalisateur de Chicago et de Nine se bornant à filmer ses plans d'une manière certes efficace mais dénuée cependant de toute personnalité. Dans la saga Pirates des Caraïbes, cela est une constante. Par ailleurs, le film est desservi par une longueur trop importante (c'était déjà le cas de ses prédécesseurs), lâchant ça et là le spectateur pour le récupérer plus loin. Le blockbuster dépassant les 2h20, là aussi, c'est une constante hollywoodienne...

 

http://cdn.screenrant.com/wp-content/uploads/Pirates-of-the-Caribbean-On-Stranger-Tides-trailer-2.jpg

Jack Sparrow, enfin. Ce personnage, l'un des plus emblématiques de Johnny Depp (avec celui d'Edward aux mains d'argent),  possède une richesse identitaire remarquable, la caractérisation du héros nous filant entre les doigts comme un savon à chaque nouvelle scène. Cynique, égoïste, généreux, attentif, pleutre, courageux, il est proprement impossible de saisir la véritable nature du personnage, son ambivalence constituant son intérêt, et Johnny Depp l'incarnant avec une classe et une apparente aisance qui force le respect.

Pirates des Caraïbes: la Fontaine de Jouvence mérite donc le détour pour tout amateur de cinéma d'aventures certes balisé, mais qui peut se targuer de marcher sur les traces des films de piraterie d'autrefois. On est loin de Fritz Lang et de ses Contrebandiers de Moonfleet, mais il serait malhonnête de bouder son plaisir.

 

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