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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 08:24

Dire que l'on attendait The expendables avec impatience est un doux euphémisme tant l'annonce du nouveau film de Sylvester Stallone nourrissait nos espoirs les plus fous.

Casting regroupant quelques-uns des plus grands noms du cinéma d'action des années 80, promesse d'un action-movie à l'ancienne, metteur en scène touché par la grâce et revenu des limbes depuis l'inoubliable Rocky Balboa: tout concourait à faire trépigner le fan du cinéma de gros bras à l'ancienne comme on n'en fait plus.

 

Le résultat: The expendables est jubilatoire de bout en bout, malgré quelques scories que je détaillerai plus loin.

 

L'histoire n'a à vrai dire que peu d'importance, puisque l'intérêt principal du film, c'est la castagne. Rappelons tout de même que Sylvester Stallone incarne un mercenaire qui va être chargé avec son équipe d'assassiner un général tyrannique sur une île d'Amérique du Sud. Du classique, donc.

 

 

A partir de ce canevas, Stallone va faire se succéder à l'écran des scènes toutes plus jouissives les unes que les autres, ponctuées de punch lines en provenance directe des années 80 (on n'est pas près d'oublier le "si tu ne poses pas ton flingue, je lui tire une balle dans l'oeil"). Car The expendables semble provenir tout droit de cette décennie qui a constitué l'âge d'or du cinéma d'action hollywoodien. En effet, aucun film d'action tourné depuis n'a su retrouver ce mélange de sincérité, d'absence de cynisme et de jusqu'au-boutisme.

 

 

Par ailleurs, le film témoigne d'une générosité de chaque instant, les séquences d'action pleuvant toutes les cinq minutes pour notre plus grand plaisir. Poursuite en voiture, déluges pyrotechniques, combats à mains nues, à l'arme blanche, fusillades inondant l'écran, membres coupés, décapitations, sang qui gicle: Stallone ne lésine pas sur la marchandise, et propose des scènes aux idées plus improbables les unes que les autres (Jason Statham mitraillant les hommes du général depuis le nez d'un avion, crâne au vent, ou encore Terry Crews dégommant du soldat à l'aide d'une arme tirant des balles transformant en passoire tout ce qu'elles touchent). Jubilatoire.

 

 

 

D'autre part, la séquence réunissant Stallone, Willis et Schwarzenegger dans une église procure un incommensurable plaisir. Tout d'abord, la manière dont le metteur en scène introduit ses deux comparses dans la scène suggère avant de montrer. Ainsi, l'on entendra  la voix de Bruce Willis (hors-champ) s'adressant à Stallone. Reconnaissable entre mille, on sait alors que l'acteur va apparaître d'un moment à l'autre, dans un même plan, aux côtés de Stallone. Et on en trépigne d'avance.  De son côté, Schwarzenegger apparaîtra et disparaîtra dans un halo de lumière, sa silhouette se dessinant progressivement au fur et à mesure de son entrée dans l'église, puis disparaissant de la même manière lorsqu'il en ressortira. Entrée et sortie en grande pompe, donc, de celui qui fut l'éternel rival de Stallone à l'écran. Et lorsque les trois comparses sont réunis, le dialogue est un plaisir de chaque instant, véritable discours à double sens faisant référence au parcours respectif des deux acteurs ("il a toujours aimé ça, se battre dans la jungle" expliquera Scwharzenegger à Willis à propos de Sly).

 

 

 

 

 

L'on regrettera en revanche que certaines scènes soient cadrées de manière beaucoup trop serrée: la poursuite en voiture ou le combat Jet Li/Dolph Lundgren sont ainsi trop chaotiques pour que l'on apprécie pleinement l'action qui s'y déroule. En revanche, l'assaut de Jason Statham volant au secours de Stallone lors de leur arrivée sur l'île, ou encore la fusillade dans les sous-sols de la forteresse sont totalement réussis. Par ailleurs, le souhait de Stallone de donner un semblant de fond à son histoire tombe à plat: le discours du personnage de Mickey Rourke sur le salut de son âme ne prend ainsi jamais, alors qu'il se veut l'élément déclencheur qui poussera le personnage de Stallone a retourner sur l'île sauver une jeune femme.

 

 

Hormis ces réserves, The expendables constitue un pur film d'action à l'ancienne, sans aucun temps mort, bourré de testostérone et de sueur, de poudre et de sang, de lames et de coups.

Probablement l'un des meilleurs actioners des années 80.

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 08:03

Le fils de Will Smith joue mal. C'est la première réflexion qui vient à l'esprit durant la projection de The karate kid. Jaden Smith n'a en effet (en tout  cas pour l'instant) rien à faire au cinéma, ses qualités d'acteur étant aussi convaincantes qu'une limande déclamant du Molière. Ne nous attardons pas sur ce népotisme affiché (Will Smith et la maman, Jada Pinkett Smith, étant producteurs du film) et passons directement au film en lui-même.

 

Remake du Karate Kid de 1984 réalisé par John G. Avildsen avec Ralph Macchio, le Karate kid version 2010 (mis en boîte par le réalisateur de La panthère rose 2 et de Cody Banks (ce qui n'était pas fait pour nous rassurer) s'avère finalement un divertissement estival sympatique, n'arrivant pas à dépasser son modèle certes, mais ne constituant pas la purge que l'on aurait pu craindre.

 

Dre Parker (Jaden Smith, donc...) est un jeune garçon de 12 ans se voyant obligé de quitter son Detroit natal et de suivre sa mère en Chine pour raisons professionnelles. Sur place, Dre ne parvient pas à trouver sa place, et sera victime d'agressions de la part d'autres élèves de son école, adeptes du kung-fu. Dre fera alors la connaissance de Monsieur Han (très bon Jackie Chan), responsable de la maintenance dans l'immeuble de la famille Parker. Ce dernier l'initiera au kung-fu et lui apprendra 2-3 choses sur la vie. A moins que ce ne soit l'inverse...

 

 

Relevons tout d'abord le titre trompeur du film, puisqu'il n'est nullement question de karaté dans l'histoire, mais de kung-fu, cette dernière discipline devant vraisemblablement se situer davantage dans l'air du temps. Dans le rôle du maître instructeur qui enseignera au jeune Dre les préceptes de cet art ancestral, Jackie Chan trouve un rôle extrêmement touchant dans la peau de ce personnage traumatisé par un drame passé qu'il dévoilera à son disciple dans une scène vraiment touchante. Dans cette séquence, l'acteur prouve qu'outre les combats physiques dans lesquels il excelle et qui ont fait sa gloire, il peut également s'avérer convaincant dans des scènes purement dramatiques.

 

 

L'aspect le plus touchant de l'histoire réside dans la rencontre de ces deux êtres meurtris par la vie (on apprend lors de la première séquence que Dre a perdu son père quelques années plus tôt, et l'on découvrira plus tard le terrible drame qui a frappé jadis le personnage incarné par Jackie Chan). Ainsi, Han et Dre s'apporteront mutuellement un profond soutien et une aide salvatrice, le premier constituant un père de substitution pour le second, ce dernier rendant petit à petit à son professeur espoir et envie de vivre.

 

 

 

En revanche, l'on trouvera dans The Karate Kid la gentille morale assénée comme LA leçon de vie du film, en l'occurence: "quand la vie nous met à genoux, nous avons le choix entre rester à terre ou nous relever"... Ce cliché battu et rebattu au cinéma se doit, pour ne pas tomber à plat, trouver une résonnance et une véritable profondeur narrative (voir Rocky Balboa  pour s'en convaincre). En l'occurence, on ne croit pas une seule seconde à cette assertion dans le film, cette dernière semblant davantage tenir de la justification narrative du film que d'une véritable volonté d'exprimer un propos réellement profond.

 

 

La mise en scène de Harald Zwart est quant à elle dénuée de toute personnalité, le metteur en scène filmant avec une rare platitude, hormis une poignée de scènes sortant du lot (les combats de la compétition finale, efficacement filmés et joliment chorégraphiés, ou encore cette très belle scène du théâtre d'ombres chinoises, au cours de laquelle le jeune Dre recevra son premier baiser).

 

 

The Karate Kid demeure par conséquent un divertissement estival agréable à défaut d'être inoubliable, et parvient à emporter le morceau avant tout grâce à la très belle interprétation de Jackie Chan, ainsi qu'à l'arrière-plan dramatique qui imprègne tout le film, permettant ainsi aux personnages de trouver une véritable épaisseur.

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 08:18

De Stephen Daldry, j'avais moyennement apprécié Billy Elliot (2000), et considéré The hours comme le plus mauvais long-métrage sorti sur les écrans en 2002 (l'un des rares films durant lesquels j'ai failli quitter la salle). Cependant, pour son dernier film, Stephen Daldry avait un argument de taille: Kate Winslet. Je considère cette dernière comme la plus grande actrice en activité, et je voue une admiration sans bornes à la qualité de ses choix artistiques et à l'incroyable force de son jeu. Quel que soit le film dans lequel joue l'actrice, je me dois de le voir, par principe.

 

C'est donc plein d'attentes (j'oubliais complètement Stephen Daldry, le metteur en scène), que je découvris The reader, adaptation du livre éponyme de Bernhard Schlink.

 

L'histoire débute en 1958 en RFA, et raconte l'histoire de Michael (impeccable David Kross), jeune lycéen de 15 ans qui noue une relation charnelle et passionnelle avec une inconnue (Hannah, interprétée par Kate Winslet) femme plus âgée que lui, qui lui demandera de lui faire la lecture avant chaque acte d'amour. Jusqu'au jour où Hannah disparaît, sans laisser de traces. 1966. Michael, devenu étudiant en droit, assiste dans le cadre de ses études au procès d'anciennes gardiennes SS accusées d'avoir causé la mort de centaines de femmes juives. Sur le banc des accusées, il reconnaît Hannah.

 

 

 

 

 

 

Dans sa première partie, The reader constitue une très belle histoire d'amour naissante entre un jeune homme de 15 ans et une femme de 35 ans (cette différence d'âge ayant certainement dû faire tiquer les bien-pensants de tout poil, et c'est tant mieux). Il s'agit dans cette relation d'un double apprentissage. Apprentissage de la sexualité pour le personnage de Michael grâce à cette femme plus mûre que lui qui l'initiera aux plaisirs de la chair. Apprentissage de la littérature pour le personnage de Hannah grâce à ce jeune garçon qui parvient à rendre vivantes les histoires qu'il lui raconte par son réel talent de lecteur. Un échange donc, intellectuel d'un côté, charnel et sexuel de l'autre. Cette partie du métrage, d'une belle sensualité, laisse transparaître que Hannah cache quelque chose qu'elle ne veut pas révéler à son jeune amant.

 

 

Le professeur de littérature du jeune Michael déclare dans une scène du film que la dramaturgie occidentale est caractérisée par le secret. Héros et héroïnes cachent souvent quelque chose qu'ils refusent de révéler, par honte, par risque, par désir d'oubli. Ce motif du secret est la moëlle épinière de The reader. En effet, le personnage de Hannah cache non seulement à son amant son passé de gardienne SS, mais cache également un secret bien plus lourd à ses yeux (que je ne dévoilerai pas ici), secret qu'elle préfèrera continuer à cacher au tribunal lors de son procès, ce qui entraînera sa perte, alors que sa révélation aurait considérablement atténué le verdict final. Hannah préfèrera ainsi le sarifice à l'humiliation. La thématique du secret et les extrémités vers lesquelles il peut pousser celles et ceux qui veulent le conserver (le personnage de Michael conservera lui aussi secrète sa relation avec Hannah jusqu'à la fin du film, où il décidera de tout révéler à sa fille) sont véritablement au centre du film.

 

 

 

 

Par ailleurs, Stephen Daldry développe un propos sur la culpabilité. En effet, outre celle du personnage de Hannah (dont elle ne prendra conscience qu'en toute fin de métrage), la culpabilité rongera également le personnage de Michael. Lorsque ce dernier apprendra la vérité sur le passé de Hannah, il se sentira coupable d'avoir pu aimer un être ayant contribué à causer la mort de centaines de personnes. Daldry rappelle ici en filigrane (comme avait pu le faire Olivier Hirschbiegel dans  La chute avec le personnage de Adolf Hitler), que le mal n'est jamais absolu, et que le bien, aussi infime soit-il, trouve toujours une place chez l'individu. Puis, lorsque Michael se trouvera en position de pouvoir apporter un témoignage crucial pouvant jouer en faveur de son ancienne amante, il s'abstiendra de le faire par respect pour les victimes. Il sera alors sous l'emprise d'une nouvelle culpabilité, celle de n'avoir pas aidé celle qu'il a aimé.

 

 

Il s'agit à présent de revenir sur l'enchaînement de deux plans situés en fin de métrage et ayant déclenché la ridicule opprobre du journal Le monde qui taxait le film d'antisémite en raison de ce choix de montage. Le réalisateur enchaîne à la fin de son film un plan montrant la cellule de prison dans laquelle a croupi Hannah pendant vingt ans à un plan  se situant dans l'appartement luxueux d'une rescapée juive des camps de la mort en plein Manhattan. Le monde a considéré que ce montage signifiait clairement l'antisémitisme du metteur en scène, ce dernier s'apitoyant (selon le journal) sur le sort du personnage de Hannah dans un plan, et dans le suivant soulignant la vie somptueuse et la richesse de la rescapée juive. Tout d'abord, il faut rappeler que le film fut produit par Sydney Pollack, producteur et réalisateur d'origine juive. On peut légitimement douter que le monsieur ait voulu se lancer dans une entreprise antisémite. Par ailleurs, la mère de la rescapée fut elle aussi enfermée dans un camp de concentration et écrit un livre dans lequel elle relatait son expérience traumatisante. L'ouvrage fut à l'origine du  déclenchement du procès de Hannah et des autres gardiennes et devint un best seller. Il est donc normal que la famille de l'auteur soit devenue aisée. Nul antisémitisme ici. Enfin, le réalisateur, par l'enchaînement de ces deux plans, tient avant tout à souligner la douleur qui lie à jamais victimes et responsables de l'Holocauste (à des degrés divers bien entendu).

 

 

L'on regrettera simplement (comme dans tous les films de Stephen Daldry), le manque d'émotions que permettait un tel sujet, notamment dans la première partie du film (la seconde partie en est dénuée, en totale logique avec le propos). En effet, l'idylle entre Hannah et Michael renfermait un immense potentiel émotionnel que le réalisateur effleure à plusieurs reprises sans toutefois parvenir à le laisser éclater.

 

Au final, The reader constitue un film extrêmement riche thématiquement et laissant une nouvelle fois éclater l'extraordinaire talent de Kate Winslet, justement récompensée par un Oscar pour son interpétation. Soulignons également la prestation de Ralph Fiennes, interprétant Michael à l'âge adulte, tout en retenue et discrétion. Une oeuvre réussie donc, qui interpelle bien au-delà de la projection.

 

 

 

 

 

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 10:23

On peut affirmer sans trop de risques que Psychose constitue assurément le film le plus célèbre du maître du suspense. Même si Les oiseaux ou La mort aux trousses sont des oeuvres extrêmement célèbres d'Alfred Hitchcock, Psychose reste clairement la plus identifiable d'entre toutes dans l'imaginaire collectif, ne serait-ce que pour la scène de la douche.

 

Après  North by Northwest (La mort aux trousses), Hitchcock s'attela à l'adaptation du roman de Robert Bloch, Psycho. S'inspirant de l'histoire de Ed Gein, tueur en série ayant sévi dans les années 50 aux Etats-Unis et qui vouait un véritable culte à sa mère, le livre de Bloch fut brillamment adapté pour l'écran par le scénariste Joseph Stefano (qui mit beaucoup de son expérience personnelle dans le rapport des personnages du film à leurs mères respectives, le scénariste menant alors une psychanalyse lui ayant révélé l'origine maternelle de certains de ses maux ).

 

 

 

  

Rappelons que Ed Gein inspira également Tobe Hooper pour The Texas chainsaw massacrre (Massacre à latronçonneuse), en 1974. Mais ceci est une autre histoire.

 

Psycho suit le personnage de Marion Crane (sublime Janet Leigh), une secrétaire de direction dérobant la somme de 40 000 dollars à son employeur et s'enfuyant au volant de sa voiture hors de la ville de Seattle. En chemin, elle s'arrêtera dans un motel pour y passer la nuit.

Le motel Bates.

 

 

Filmé en noir et blanc avec une équipe de télévision (celle-là même qui oeuvrait sur la série  Alfred Hitchcok présente), pour des raisons de budget réduit, Psychose constitue une oeuvre matricielle du film de serial killer, en même temps qu'une démonstration technique proprement incroyable de la part d'Alfred Hitchcock. Réputé pour la minutie de la construction de ses plans (le maître expliquera à Janet Leigh que c'est la caméra qui est le centre du film, et demandera à l'actrice de bouger dans le cadre comme le lui ordonne la caméra), Hitchcock contrebalancera le budget serré du film par une inventivité et une tension (narrative, sexuelle, musicale) qui placent Psycho au panthéon du thriller et de l'épouvante gothique.

 

 

Revenons sur la scène de la douche. Ce meurtre, vraisemblablement le plus célèbre de l'histoire du cinéma, nécessita une semaine de tournage, et fut préalablement story-boardé par Saul Bass lui-même (également auteur du générique). Bass affirmera d'ailleurs que c'est lui et non pas Hitchcock qui a filmé la scène de la douche, ce que démentira formellement par la suite Hilton A. Green, assistant réalisateur, rendant à Hitchcock ce qui appartient à Hitchcock.

 

 

Ce qui confère toute sa force à cette célèbre séquence, c'est avant tout son incroyable montage, la scène étant découpée au scalpel au son des violons stridents de Bernard Herrmann. Totalement vulnérable (puisque nue sous sa douche), Marion Crane tourne le dos au rideau de douche, et nous voyons en arrière plan l'ombre d'un personnage se rapprochant d'elle. A partir de là, la scène est une succession de coups de couteaux, de cris, de gros plans, de top shots, d'ombres et de lumières, qui confèrent à ce moment une puissance d'une efficacité redoutable. Par ailleurs, aucun plan ne dévoile la nudité de Janet Leigh, alors que certains spectateurs (dont des membres de la censure de l'époque) jurèrent avoir aperçu les seins de l'actrice. Ou de l'art de la manipulation par l'image.

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, le film joue énormément sur le thème du double. En effet, presque tous les protagonistes principaux oscillent en permanence entre leur image et ce qu'ils sont réellement. Ainsi, les personnages de Norman Bates, de Marion Crane, de son petit ami et de sa soeur, manifestent tous à un moment ou à un autre une dichotomie entre leur persona et leur nature profonde. Ce jeu de rôles est d'ailleurs symbolisé à plusieurs reprises dans le film par l'utilisation de miroirs, signifiant ainsi le double, la duplicité, en un mot, l'autre.

 

 

 

Alfred Hitchcock imprègne également son film (dans sa première partie), d'un érotisme latent. Les scènes montrant Janet Leigh en soutien-gorge marquèrent les esprits de l'époque, peu habitués à découvrir des stars en petite tenue à l'écran. Soulignons ici la couleur blanche du soutien-gorge porté par l'actrice au début du film (symbole de son innocence) et celle, noire, de celui qu'elle porte après le vol des 40 000 dollars (symbolisant alors sa culpabilité). Idée géniale de Hitchcock qui ne laissait absolument rien au hasard.

 

 

 

D'autres éléments érotiques viennent parsemer toute la première partie du film. Ainsi, outre la vision de l'actrice en petite tenue, celle-ci apparaît avec son amant au sortir d'une partie de jambes en l'air au beau milieu de l'après-midi. D'autre part, la scène dans laquelle Norman Bates épie Marion Crane par un trou percé dans le mur tandis qu'elle se déshabille est elle aussi empreinte d'érotisme, teinté de voyeurisme. Enfin, la scène de la douche dévoile également des parties du corps du personnage de Marion Crane, mêlant ainsi la beauté à la violence.

 

 

Relevons enfin la prestation d'Anthony Perkins qui trouva en Norman Bates le rôle de sa vie (impossible pour lui de s'en défaire par la suite). La beauté et la silhouette longiforme de l'acteur constituaient un troublant contrepoint à la nature de la personnalité et des actes de Norman Bates. Le jeu de Perkins mêlait ainsi la confiance et la peur, la beauté et l'horreur, le visible et l'invisible.

 

 

 

Psycho constitue donc une oeuvre d'une extrême richesse, tant thématique que purement technique, et s'inscrit durablement sur la rétine après sa vision. Tout le film est ainsi un crescendo de suspense, de tension, de trouble, jusqu'à l'image finale de Norman Bates, regard face caméra, le visage du cadavre de sa mère venant se superposer au sien dans une image quasi-subliminale.

 

 

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 09:15

Après Catherine Hardwicke et Chris Weitz, c'est aujourd'hui au tour de David Slade de prendre les rênes de la saga Twilight, le metteur en scène de Hard Candy et de 30 jours de nuit  livrant sans conteste le meilleur épisode à ce jour des aventures de Bella et Edward.

 

La franchise Twilight est un cas d'école: dotée de dialogues baigant tellement dans l'eau de rose qu'ils feraient passer les romans de Barbara Cartland pour des modèles de subversion littéraire, nantie de comédiens principaux en faisant des tonnes (excepté Kristen Stewart, au jeu plutôt convaincant), édulcorée de toute scène pouvant s'avérer trop violente pour passer le cap de la censure, la saga réussit pourtant le pari insensé de maintenir l'attention du spectateur, de proposer une narration jamais ennuyeuse mais au contraire toujours efficace, et d'installer un suspense tel que l'on veut véritablement connaître l'issue de l'histoire. 

 

 

 

  

 

Nous retrouvons donc dans ce troisième opus Bella dont le coeur balance entre Edward le vampire et Jacob le loup-garou. A la vie en marge qu'elle souhaite mener avec le premier (Bella veut devenir un vampire), le second lui propose une existence humaine (elle resterait un être vivant). Parallèlement, une armée de vampires se constitue pour mener une attaque contre Bella et le clan Cullen.

 

 

Le coeur de l'histoire de la saga Twilight a toujours été le trouble adolescent. La difficile période que constitue cette étape de la vie, qu'il s'agisse de choix amoureux, d'identité, d'orientation professionnelle ou encore de rapport aux parents, forme le noyau dur des scénarios développés depuis le premier épisode. Et en ce sens, Twilight: Hésitation constitue le segment le plus achevé des trois. En effet, les situations se présentant à Bella (rendre visite à sa mère,  s'engager avec Edward, admettre son amour pour Jacob ou le réprimer), sont autant d'étapes, de paliers, vers un achèvement de sa vie d'adolescente et sa naissance à une vie choisie.

 

 

Par ailleurs, le réalisateur propose une réalisation extrêmement soignée, qu'il s'agisse de ces fabuleux plans enneigés, de l'apparition de la horde de vampires sortant d'un lac, ou encore de la très réussie scène de bataille du dernier acte (bien que dénuée de toute goutte de sang). David Slade confère ainsi à Twilight un véritable cachet visuel, entre sauvagerie et beauté poétique, dont était privés les deux opus précédents (la brutalité animale et carnassière y était absente, et l'imagerie des premiers volets reposait avant tout sur une atmosphère automnale et purement photographique, au demeurant réussie).

 

 

 

En revanche, l'on ne pourra que déplorer le caractère profondément rétrograde et tendancieux du discours prônant l'abstinence sexuelle avant le mariage. Cet aspect du film (et de la saga entière depuis le premier épisode), consistant à instiller une propagande religieuse sous couvert d'un film de genre, est véritablement déplorable. Ne surtout pas s'arrêter à ce désolant manifeste pour pouvoir apprécier le film.

 

Impossible enfin pour moi de terminer cet article sans relever l'incroyable beauté de Ashley Greene dans le rôle de Alice. Cette dernière vampirise (sans mauvais jeu de mots) littéralement l'écran à chacune de ses apparitions, faisant passer la pourtant jolie Kristen Stewart clairement au second plan. Une beauté qui m'a littéralement subjugué.

 

 

Enfin, c'est un vrai plaisir de retrouver la diaphane Bryce Dallas Howard dans le rôle de Victoria. L'actrice, toujours parfaite quels que soient ses rôles, donne véritablement corps à cette femme rongée par la vengeance et qui fomentera son retour accompagnée d'une horde de vampires qu'elle manipule comme des marionnettes.

 

 

Twilight: Hésitation constitue donc un film plutôt pertinent dans sa thématique du trouble adolescent (Bella balance entre ce qu'elle est et ce qu'elle devrait être), en même temps qu'une oeuvre à l'imagerie fantastique réussie et aux scènes d'action efficaces.

On attend avec impatience le quatrième opus.

 

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 09:14

Troisième film mis en scène par Kenneth Branagh (après Henry V et Dead Again), Peter's friends constitue assurément mon film préféré du futur réalisateur de Thor.

 

Découvert en 1994 lors de sa diffusion à la télévision, ce film ne m'a jamais quitté, et fait partie de ces oeuvres qui parviennent à s'ancrer en moi pour finalement constituer un morceau de moi-même. Comme il m'arrive de le souligner, le cinéma contribue (notamment) à me construire. Peter's friends s'inscrit pleinement dans cette catégorie de films qui, outre le fait de constituer des oeuvres artistiques réussies, parviennent à s'implanter dans votre coeur, et se rappellent régulièrement à votre bon souvenir.

 

Peter's friends raconte l'histoire d'un groupe de 6 amis se retrouvant chez l'un d'entre eux un soir de réveillon, après des années sans s'être cotoyés. L'ambiance bon enfant des retrouvailles va petit à petit laisser la place aux drames personnels qui gangrènent chacun des participants à la fête...

 

 

"There are some friends you'll have for the rest of your life. You're welded together by love, trust, respect, or loss. Or in our case, simple embarrassment." Ces quelques mots inaugurant le film en voix off donnent le ton de l'histoire: Peter's friends ne sera pas une comédie comme les autres.

 

 

Suite à une scène nous présentant le groupe d'amis lors d'une représentation théâtrale en 1982, le remarquable générique fait défiler des images de la décennie des années 80, au son du tube de Tears for fears, Everybody wants to rule the world. D'emblée, la nostalgie et la mélancolie nous envahissent, témoignant ainsi de l'inexorable marche du temps, et de la perte de toute chose...

 

Car il s'agit avant tout de perte et de renaissance dans Peter's friends. Chacun des personnages a en effet perdu ou perdra quelque chose (un amour, un enfant, la santé, ses illusions) pour renaître d'une façon ou d'une autre. Le film est ainsi extrêmement poignant mais jamais larmoyant, les émotions étant toutes plus sincères les unes que les autres.
 
 
Par ailleurs, l'intégralité du métrage est sous-tendue par une atmosphère extrêmement mélancolique, les rires provoqués par le film (car Peter's friends est aussi une comédie, il faut le rappeler) constituant davantage une échappatoire à la mélancolie imprégnant l'histoire que de francs instants de rigolade. Les scènes de comédie contrebalancent ainsi la tristesse que provoque la prise de conscience que le temps passé ne revient malheureusement jamais.
 
 
Il s'agit enfin de souligner la qualité irréprochable de l'ensemble du casting: Kenneth Branagh, Emma Thompson, Hugh Laurie (futur Docteur House), Stephen Fry, Alphonsia Emmanuel, Imelda Staunton, tous excellent dans leurs rôles, entre gravité et légèreté. Sans oublier Phyllida Law dans le rôle de la cuisinière, bouleversante dans son rapport à Peter.
 
Ce film, extrêmement rare à la télévision, doit donc être découvert de toute urgence. Aucune édition dvd zone 2 n'existant à ce jour, il existe cependant une excellente édition zone 1 que je vous invite à vous procurer toutes affaires cessantes  (Peter's friends en dvd).
 
 
 
 
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 14:31

La manipulation de l'information, et par extension celle de l'image. Voici, en substance, le thème du dernier film en date de Brian de Palma, après le décevant Le dahlia noir (on rêve toujours de ce qu'en aurait fait David Fincher, initialement prévu pour porter à l'écran le chef d'oeuvre de James Ellroy). Ayant récemment chroniqué   Body Double, je constate à nouveau à quel point les thématiques de Brian De Palma tournent autour du jeu des apparences.

 

Redacted relate le drame de Samara, petite ville d'Irak, où des soldats américains violèrent et tuèrent une jeune fille de 15 ans, exterminant au passage sa famille.

 

Le réalisateur, à travers ce drame, souhaite mettre en exergue la désinformation opérée par les médias, et tente de démontrer que les faits sont sans cesse transformés, « revus et corrigés », avant d'être rendus publics. Au final, De Palma rappelle que la vérité est toujours celle de ceux qui la prônent. D'où la limite du film, puisque cet adage s'applique bien évidemment aussi au réalisateur. Une sorte de serpent qui se mord la queue, en somme.

 

 
Visuellement, De Palma opte pour un kaléidoscope d'images tirées de caméras de surveillance, de vidéos personnelles d'un soldat, d'images issues de youtube, de blogs, etc... Le tout reconstitué par son metteur en scène, certes, mais dénué de tout point de vue. D'où une frustration certaine puisque ce film aurait pu formellement être réalisé par n'importe quel autre réalisateur, en cela que le style visuel de De Palma ne transpire à aucun moment de la pellicule.

 

 

Et pour cause : les images présentées ne constituent pas une représentation visuelle personnelle du metteur en scène, mais celle des différents protagonistes de l'histoire, filmée "à la manière de".

S'agissant du propos, en revanche, l'on retrouve certains des thèmes de prédilection du réalisateur, tels la manipulation de l'image et, comme je le disais plus haut, les apparences. D'autre part, la dérive du « pouvoir » détenu par les soldats en place est également abordée, puisque sous couvert de leur statut, les militaires se livrent à des actes de barbarie sur des civils. L'on peut rapprocher le thème de la violence et la facilité avec laquelle les soldats la pratiquent du film de Paul Haggis, Dans la vallée d'Elah, dans lequel des soldats de retour d'Irak se laissaient aller à leurs pulsions primitives sur le sol américain, sans aucune conscience de leurs actes ni aucune responsabilité de leurs agissements.

 


Brian de Palma, avec Redacted, souhaite donc dénoncer le simulacre de vérité dont les médias nous abreuvent. C'est bien. Mais un point de vue personnel via une mise en scène qui s'en fait l'écho eut été bien mieux...

 

 

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:09

Brian De Palma est mon metteur en scène préféré. C'est dit.

Et Body double constitue l'un de ses meilleurs films. Echec public à sa sortie, le film condense pourtant toutes les obsessions du réalisateur, et fait montre d'une virtuosité technique hallucinante, certaines longues séquences totalement muettes rappelant au passage que le cinéma est avant tout affaire de mise en scène. Et à ce jeu-là, Brian De Palma excelle.

Body Double raconte l'histoire de Jake Scully (Craig Wasson), comédien souffrant de claustrophobie qui est hébergé chez l'un de ses amis après avoir découvert que sa fiancée le trompait. Dans un immeuble faisant face à l'appartement, une jeune femme effectue tous les soirs un strip tease que Jake observe depuis une longue vue placée à sa fenêtre. Un soir, il remarque que la jeune femme est épiée par un autre homme, et est témoin d'une rixe entre elle et son mari...

Dès la première scène du métrage (le tournage d'un film), on comprend que Body double sera placé sous le motif de l'apparence. Thème récurrent chez De Palma (Blow out, Pulsions ou encore Mission impossible, pour n'en citer que quelques-uns), le thème de l'apparence trompeuse imprègne toute la filmographie du metteur en scène.

Les thèmes de l'image et du simulacre seront ainsi développés tout au long du film, ce dernier constituant au final un exercice fascinant sur la ténue limite entre ce que l'on voit (le mensonge) et ce qui est caché (la vérité). Traitant son sujet avant tout avec la caméra, Brian De Palma trompe le spectateur en même temps que son personnage principal, en nous mettant dans la position d'un voyeur considérant comme vrais les évènements qui se déroulent sous ses yeux, la mise en scène constituant en l'occurence l'outil principal qu'utilise De Palma pour créer l'illusion et l'identification du spectateur avec le protagoniste (voir à ce titre la longue et brillante scène de filature, quasi-muette, dans laquelle on adopte le seul point de vue de Jake Scully).

 

Par ailleurs, De Palma rend explicitement hommage à l'un de ses maîtres: Alfred Hitchcock. En effet, le metteur en scène, qui partage effectivement des points communs avec le maître du suspense, fait non seulement référence à Fenêtre sur cour (l'homme espionnant son voisinage à l'aide d'une longue vue), mais également à Vertigo. Dans ce dernier, le personnage de James Stewart était en proie au vertige, handicap remplacé par la claustrophobie dans le cas de Jake Scully. Par ailleurs, le personnage de Holly Body est interprété par Melanie Griffith, qui n'est autre que la fille de Tippi Hedren (Les oiseaux).

De Palma s'emploie également dans Body double à pousser dans ses derniers retranchements la notion même de suspension d'incrédulité ("willing suspension of disbelief"), qui, pour mémoire, constitue l'acceptation des évènements qui se déroulent sous ses yeux par le spectateur d'une oeuvre de fiction , fussent-ils irréalistes. Ainsi, plus d'une fois les évènements paraissent exagérés ou totalement irréalistes (l'Indien assomé en tombant sur le lit, la victime se jetant au sol dans un mouvement très comedia dell'arte, la scène du baiser). Le metteur en scène joue ici avec la notion même de fiction, nous interrogeant sur son rapport à elle, rejoignant ainsi sa thématique de l'image et de la manière dont elle est perçue. La mise en abyme est donc ici totale.

Body double constitue donc une oeuvre dense, passionnante, véritable réflexion sur le pouvoir de l'image et, par extension, sur celui du cinéma, en même temps qu'une leçon de mise en scène aux séquences plus brillantes les unes que les autres.

Indispensable.

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 13:06

A l'origine, l'évocation du mot Buffy faisait naître sur mon visage un sourire moqueur, sous-tendu par un dédaignement de cette série que je n'avais encore pas vue, mais dont les rares images sur lesquelles j'étais tombé ne m'inspiraient qu'indifférence.

Bien plus tard (en 2006), je fis l'effort de regarder un épisode en entier, mû par la curiosité que certaines critiques dithyrambiques que j'avais pu lire avaient fait naître en moi. La surprise fut de taille.

Dans la foulée, j'allais acheter une par une chacune des 7 saisons qui constituent cette série qui est devenue pour moi la meilleure qu'il m'ait été donné de voir.

 

Buffy (Sarah Michelle Gellar) est une lycéenne qui découvre un jour qu'elle fait partie d'une longue lignée d'élues chargées de combattre les forces du mal. Initiée et entraînée par son observateur (Anthony Stewart Head), elle traversera de nombreuses épreuves en compagnie de son groupe d'amis et fera l'expérience de drames traumatisants, qui s'inscriront in fine comme un véritable parcours initiatique au cours duquel elle perdra son innocence et ses illusions.

La grande force de cette série réside d'une part dans l'intelligence de son propos, mais également dans la force émotionnelle qu'elle dégage. Desservie par un titre ridicule (le nom Buffy ferait plutôt penser à un gentil toutou), et souvent nantie d'une réputation de "série pour ado" (expression condescendante et méprisante s'il en est), Buffy contre les vampires s'avère extrêmement fine dans sa description du monde adolescent et d'une sensibilité rare dans le monde des séries. En effet, l'acuité et la justesse de ton avec lesquels sont traités les sujets de chaque épisode inspirent véritablement le plus profond des respects.

 

Brassant des thèmes universels (la perte de l'être cher, la fin de l'amour, la mort, l'amitié, la communication, et j'en passe), Buffy touche à cet égard aussi bien les adultes que les adolescents, et pour cause: les problèmes auxquels sont confrontés les personnages de la série sont les mêmes que ceux qui peuvent toucher le monde adulte. D'autre part, le créateur de la série (Joss Whedon) traite toujours ses personnages comme des adultes, sans jamais les prendre de haut. A ce titre, il est le pendant télévisuel de John Hugues.

D'autre part, l'émotion dégagée tout au long de la série est véritablement surprenante, certaines scènes déclenchant sans prévenir les larmes chez le spectateur (j'ai pleuré à plusieurs reprises au cours des 7 saisons, ce que je n'aurais jamais cru possible...) A ce titre, l'épisode The body (saison 5), dans lequel Buffy est confrontée à la mort de sa mère, est l'un des plus forts et des plus marquants de la série.

Cependant, et même si la série devient de plus en plus sombre et dramatique au cours des saisons, Buffy possède également de purs moments de comédie, instants qui permettent à la série de respirer, et de contrebalancer les drames qui se jouent sous nos yeux. A ce titre, le personnage de Willow (Alyson Hannigan), incarnant la meilleure amie de Buffy, est à l'origine des scènes les plus drôles de la série. L'évolution de son personnage la fera basculer cependant vers le mal, lui conférant une densité et une ambivalence remarquables.

  

Joss Whedon utilise dans Buffy le genre fantastique pour illustrer son propos, ayant compris que ce genre permet paradoxalement de se rapprocher de l'essence de l'être humain, les protagonistes étant confrontés à des situations qui les dépassent et se révélant ainsi avec leurs forces et leurs faiblesses à travers des situations émotionnellement (et visuellement) fortes. La force des situations fantastiques, leur caractère exceptionnel et les enjeux qu'elles impliquent permettent ainsi de toucher le coeur et l'âme des protagonistes en les confrontant à des situations extrêmes.

Soulignons également 2 épisodes proprement remarquables dans leur forme et par le thème qu'ils abordent. Hush (saison 4), est un épisode presque totalement muet, dans lequel les personnages, privés de la parole, devront communiquer par d'autres moyens. Le thème de la communication est bien entendu au centre de l'histoire, soulignant ainsi l'idée selon laquelle la véritable communication est celle qui ne passe pas par les mots, ces derniers étant sans cesse souce de mauvaise interpétation, de mensonges, de sous-entendus. Brillant.

Once more, with feeling (saison 6) est quant à lui un épisode tourné sous la forme d'une comédie musicale, l'histoire se déroulant en chansons, les personnages déclamant leur texte en chantant, faisant ainsi passer certains sentiments avec beaucoup plus d'aisance que s'ils avaient dû les exprimer en parlant. Hommage aux musical et réflexion sur la persona, l'épisode est inoubliable et s'inscrit parmi les meilleurs de la série.

Impossible d'être exhaustif pour parler de Buffy en quelques lignes, la série renfermant des richesses trop innombrables et des émotions si inoubliables qu'on ne peut en faire le tour dans un simple article. Jamais je n'aurais imaginé un jour être touché par une série comme je l'ai été par Buffy. Pourtant, elle m'a profondément marqué, à plus de 33 ans...

Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore franchi le pas, je ne peux que vous y encourager.

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 13:22

Voici une nouvelle rubrique consacrée aux génériques de films. J'y posterai les génériques (de début ou de fin) qui m'ont marqué tout au long de ma vie de cinéphile.

Pour l'inaugurer, j'ai choisi le générique de début du très bon film de Florent-Emilio Siri, Hostage. Echec à sa sortie (Bruce Willis y tenait pourtant la tête d'affiche), le film débute par un générique de toute beauté, en total accord avec la scène qui ouvrira le film.

Il s'agit en effet de l'amorce de la scène elle-même, puisque tout le générique, composé d'images fixes en mouvement (vous comprendrez au visionnage), fait partie intégrante de la première séquence. Des policiers encadrent un immeuble dans lequel s'est réfugié un forcené. L'attente est longue, les minutes sont interminables, le temps se dilate...

Toute cette atmoshpère est traduite par le générique, véritable idée de génie, et graphiquement superbe.

 

 

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