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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 08:53
Troisième long-métrage de Christopher Smith après Creep et Severance, Triangle constitue un pas en avant dans l’évolution cinématographique de son metteur en scène, ce dernier proposant ici une réflexion métaphysique que l’on pourrait définir comme étant proche des fondamentaux d’un Shyamalan.

Triangle met en scène Jess, mère d’un enfant autiste, qui décide de participer à un périple en voile avec des amis. Pris dans une violente tempête, le bateau se retourne et les rescapés se réfugient alors à bord d’un gigantesque navire qui passait par là, navire s’avérant être totalement désert. La grande force de Triangle est de laisser dans l’ombre, et ce jusqu’à l’issue du film, la raison des évènements auxquels sont confrontés les personnages, maintenant ainsi l’intérêt du spectateur perpétuellement intact, et laissant libre cours aux interprétations les plus diverses. Ainsi, l’on n’en sait jamais plus que l’héroïne principale, et l’on découvre le sens du drame sans fin dont elle est la victime en même temps qu’elle. Ce sens, sans en dévoiler les détails, brasse à la fois le mythe de Sisyphe (thème de l’éternel recommencement que n’aurait pas renié le Rod Serling de La Quatrième Dimension) et réflexion sur la fatalité comme élément constitutif du destin. Car Jess revit encore et encore les mêmes évènements, fait face aux mêmes situations dramatiques, et se trouve inexorablement placée face à des choix qu’elle ne peut pas maîtriser, leur issue étant invariablement la même. Propos pessimiste s’il en est (le destin est écrit, rien ne sert de vouloir changer les évènements), il a toutefois le mérite de susciter la réflexion, et le film de Smith de basculer dans un questionnement sur l’existence d’une force qui nous préexisterait. Utilisant le film de genre pour développer son propos, le réalisateur trousse des scènes d’une belle efficacité dans l’action et l’horreur, maniant les codes du genre (avec quelques recettes éprouvées cependant) d’une manière toujours efficace. En revanche, l’on ne peut que regretter certaines facilités scénaristiques qui entament le plaisir et l’implication du spectateur dans une entreprise qui nécessitait au contraire une crédibilité à toute épreuve (voir pour celà la malheureuse ellipse précédant la scène où l’héroïne se retrouve sur une plage).

Ces réserves posées, l’on ne peut que saluer la progression de Smith dans un genre qu’il affectionne par-dessus tout, élevant son propos au-delà du simple film de frousse, et acquérant par là-même une maturité supplémentaire dans l’exercice de son art.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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