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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 08:36

En l'espace de deux mois (novembre 2008 - janvier 2009), le cinéma nous aura offert deux oeuvres majeures, d'une puissance émotionnelle phénoménale. Après James Gray et son éblouissant Two lovers, lequel parvenait à faire vibrer des cordes émotionnelles rarement effleurées au cinéma, le réalisateur Sam Mendes nous assénait un coup supplémentaire dans l'estomac et le coeur, en nous questionnant sur l'authenticité de nos vies.

Avec Revolutionary Road (Les noces rebelles), le metteur en scène, loin de l'hypocrisie de son surestimé et hypocrite American beauty, osait aller au bout de son sujet, sans jamais faire marche arrière, faisant ainsi naître un malaise sans cesse croissant chez le spectateur.

En mettant en scène un jeune couple d'Américains s'éloignant petit à petit de ses idéaux de vie, pour finalement rentrer dans le rang social et devenir ce qu'ils répugnaient à être un jour, Mendes nous balance au visage nos propres peurs, notre propre lâcheté, et notre penchant pour la sécurité, la facilité, le confort, au détriment de nos désirs originels et de nos idéaux de vie.

Le personnage incarné par l'incroyable Kate Winslet (sans conteste l'actrice la plus talentueuse de sa génération), se bat contre cette fatalité annoncée, et constitue à ce titre le pendant négatif du personnage de Joaquin Phoenix dans Two Lovers, la différence se situant dans l'acceptation ou le refus de leur condition. Loin de toute démarche moralisatrice, Sam Mendes instille au contraire chez le spectateur une terrible sensation physique (et pas seulement psychologique) d'identification. En parvenant ainsi à rendre viscéral un concept existentiel, le metteur en scène ne nous laisse pas quitter la salle indemnes. Son film nous accompagne en effet bien après la projection, si tant est que l'on accepte cette terrifiante et universelle vérité qui nous est assénée.

Le couple Winslet / Di Caprio constitue ainsi la représentation de tous ceux qui, un jour, se sont éloignés de leurs rêves, de leurs aspirations, pour doucement rejoindre le troupeau, car il n'est pas si simple d'en rester éloigné, sans risquer de prendre froid.

Impossible enfin de ne pas souligner l'extraordinaire musique de Thomas Newman, dont les accords entêtants ne quittent plus votre esprit une fois les lumières rallumées.

C'est donc à une expérience douloureuse, nécessaire, peut être salvatrice, que nous convie Revolutionary Road. Un film d'une pertinence et d'une justesse rares, jusque dans l'ironie de son titre.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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Estelle 09/07/2010 20:37



Comme toi, j'ai été très marquée par ce film. Autant la lâcheté du personnage de J.Phoenix m'avait révoltée, autant le jusqu'au-boutisme de celui de K. Winslet m'a bouleversée.


 Pour ma part je pense qu'April n'a jamais vraiment oublié ses aspirations, tout au plus les avait-elle mises entre parenthèses à cause de sa première grossesse (qu'elle considère
comme un accident). Quand elle se rend compte qu'elle ne peut accéder à son rêve, elle décide d'avorter et prend le risque de mourir, tout valant mieux que la vie terne représentée par
le dernier petit-déjeuner que le couple prend ensemble, et qu'ils se préparent à connaître jusqu'à la fin de leurs jours. 


La grossesse d'April est à mon sens symptomatique de leur relation : elle est la preuve du renouveau de leur passion mais elle sert également de prétexte à Franck pour ne pas partir. De
même, en avortant, April détruit ce qui l'a empêchée d'accéder à son rêve et met, de façon radicale, un terme à leur relation. Mais on sait dès la scène du petit-déjeuner qu'elle ne pourra
se résoudre à vivre ainsi. Il faut être aussi aveugle que Franck pour le penser.


La suppression de la scène dans la quelle Di Caprio trouve la lettre d'adieu de sa femme est d'ailleurs très pertinente, leurs incompréhension et solitude mutuelles étant ainsi accentuées. 


Désolée, c'est un peu long : je ne t'en voudrai pas si tu le supprimes...



Hattori Hanzo 10/07/2010 09:11



Alors j'ai souvent entendu cette remarque sur la lâcheté du personnage de Joaquin Phoenix dans Two lovers. Cependant, ce personnage est tout sauf lâche. Il est totalement phagocyté par
ses parents, étouffé, contraint, prisonnier. Je trouve au contraire que sa décision de suivre le personnage de Gwyneth Paltrow révèle un courage assez remarquable. Le poids de la famille dans la
filmographie de James Gray est une constante chez le cinéaste, et Two lovers ne fait pas exception à la règle.


Merci en tout cas pour ton point de vue sur Revolutionary Road ;-)



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