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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 10:23

On peut affirmer sans trop de risques que Psychose constitue assurément le film le plus célèbre du maître du suspense. Même si Les oiseaux ou La mort aux trousses sont des oeuvres extrêmement célèbres d'Alfred Hitchcock, Psychose reste clairement la plus identifiable d'entre toutes dans l'imaginaire collectif, ne serait-ce que pour la scène de la douche.

 

Après  North by Northwest (La mort aux trousses), Hitchcock s'attela à l'adaptation du roman de Robert Bloch, Psycho. S'inspirant de l'histoire de Ed Gein, tueur en série ayant sévi dans les années 50 aux Etats-Unis et qui vouait un véritable culte à sa mère, le livre de Bloch fut brillamment adapté pour l'écran par le scénariste Joseph Stefano (qui mit beaucoup de son expérience personnelle dans le rapport des personnages du film à leurs mères respectives, le scénariste menant alors une psychanalyse lui ayant révélé l'origine maternelle de certains de ses maux ).

 

 

 

  

Rappelons que Ed Gein inspira également Tobe Hooper pour The Texas chainsaw massacrre (Massacre à latronçonneuse), en 1974. Mais ceci est une autre histoire.

 

Psycho suit le personnage de Marion Crane (sublime Janet Leigh), une secrétaire de direction dérobant la somme de 40 000 dollars à son employeur et s'enfuyant au volant de sa voiture hors de la ville de Seattle. En chemin, elle s'arrêtera dans un motel pour y passer la nuit.

Le motel Bates.

 

 

Filmé en noir et blanc avec une équipe de télévision (celle-là même qui oeuvrait sur la série  Alfred Hitchcok présente), pour des raisons de budget réduit, Psychose constitue une oeuvre matricielle du film de serial killer, en même temps qu'une démonstration technique proprement incroyable de la part d'Alfred Hitchcock. Réputé pour la minutie de la construction de ses plans (le maître expliquera à Janet Leigh que c'est la caméra qui est le centre du film, et demandera à l'actrice de bouger dans le cadre comme le lui ordonne la caméra), Hitchcock contrebalancera le budget serré du film par une inventivité et une tension (narrative, sexuelle, musicale) qui placent Psycho au panthéon du thriller et de l'épouvante gothique.

 

 

Revenons sur la scène de la douche. Ce meurtre, vraisemblablement le plus célèbre de l'histoire du cinéma, nécessita une semaine de tournage, et fut préalablement story-boardé par Saul Bass lui-même (également auteur du générique). Bass affirmera d'ailleurs que c'est lui et non pas Hitchcock qui a filmé la scène de la douche, ce que démentira formellement par la suite Hilton A. Green, assistant réalisateur, rendant à Hitchcock ce qui appartient à Hitchcock.

 

 

Ce qui confère toute sa force à cette célèbre séquence, c'est avant tout son incroyable montage, la scène étant découpée au scalpel au son des violons stridents de Bernard Herrmann. Totalement vulnérable (puisque nue sous sa douche), Marion Crane tourne le dos au rideau de douche, et nous voyons en arrière plan l'ombre d'un personnage se rapprochant d'elle. A partir de là, la scène est une succession de coups de couteaux, de cris, de gros plans, de top shots, d'ombres et de lumières, qui confèrent à ce moment une puissance d'une efficacité redoutable. Par ailleurs, aucun plan ne dévoile la nudité de Janet Leigh, alors que certains spectateurs (dont des membres de la censure de l'époque) jurèrent avoir aperçu les seins de l'actrice. Ou de l'art de la manipulation par l'image.

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, le film joue énormément sur le thème du double. En effet, presque tous les protagonistes principaux oscillent en permanence entre leur image et ce qu'ils sont réellement. Ainsi, les personnages de Norman Bates, de Marion Crane, de son petit ami et de sa soeur, manifestent tous à un moment ou à un autre une dichotomie entre leur persona et leur nature profonde. Ce jeu de rôles est d'ailleurs symbolisé à plusieurs reprises dans le film par l'utilisation de miroirs, signifiant ainsi le double, la duplicité, en un mot, l'autre.

 

 

 

Alfred Hitchcock imprègne également son film (dans sa première partie), d'un érotisme latent. Les scènes montrant Janet Leigh en soutien-gorge marquèrent les esprits de l'époque, peu habitués à découvrir des stars en petite tenue à l'écran. Soulignons ici la couleur blanche du soutien-gorge porté par l'actrice au début du film (symbole de son innocence) et celle, noire, de celui qu'elle porte après le vol des 40 000 dollars (symbolisant alors sa culpabilité). Idée géniale de Hitchcock qui ne laissait absolument rien au hasard.

 

 

 

D'autres éléments érotiques viennent parsemer toute la première partie du film. Ainsi, outre la vision de l'actrice en petite tenue, celle-ci apparaît avec son amant au sortir d'une partie de jambes en l'air au beau milieu de l'après-midi. D'autre part, la scène dans laquelle Norman Bates épie Marion Crane par un trou percé dans le mur tandis qu'elle se déshabille est elle aussi empreinte d'érotisme, teinté de voyeurisme. Enfin, la scène de la douche dévoile également des parties du corps du personnage de Marion Crane, mêlant ainsi la beauté à la violence.

 

 

Relevons enfin la prestation d'Anthony Perkins qui trouva en Norman Bates le rôle de sa vie (impossible pour lui de s'en défaire par la suite). La beauté et la silhouette longiforme de l'acteur constituaient un troublant contrepoint à la nature de la personnalité et des actes de Norman Bates. Le jeu de Perkins mêlait ainsi la confiance et la peur, la beauté et l'horreur, le visible et l'invisible.

 

 

 

Psycho constitue donc une oeuvre d'une extrême richesse, tant thématique que purement technique, et s'inscrit durablement sur la rétine après sa vision. Tout le film est ainsi un crescendo de suspense, de tension, de trouble, jusqu'à l'image finale de Norman Bates, regard face caméra, le visage du cadavre de sa mère venant se superposer au sien dans une image quasi-subliminale.

 

 

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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