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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 13:50

Initialement conçu pour être projeté en double programme avec Death proof (Boulevard de la mort), à l'image des programmations des cinémas grindhouse dans les années 70, Planète terreur sortit isolément sur les écrans européens sur décision des frères Weinstein alors producteurs du film.

Grands amateurs de cinéma d'exploitation, les compères Quentin Tarantino (Deathproof) et Robert Rodriguez (Planète terreur), réalisaient en 2007 un fantasme de cinéphile, sans cependant tenir compte des limites de ce qu'un cinéma post-moderne pouvait impliquer dans l'intérêt d'un public non-initié. En effet, Planète terreur (tout comme Deathproof), furent des échecs au box-office, soulignant ainsi le principe selon lequel certaines recettes qui fonctionnaient hier n'ont plus d'écho aujourd'hui.

En effet, les salles de cinéma grindhouse florissaient dans les années 70 aux Etats-Unis, et le public, avide de films d'exploitation (qu'il s'agisse de blaxploitation, de rape and revenge ou encore de women in prison, pour ne citer que quelques sous-genres) accueillait ces métrages de série B avec un réel intérêt pour ces films déviants, transgressifs, subversifs, qui se dégustaient le plus souvent en double feature.

Cependant, les temps ont changé, la vidéo, le dvd, internet, sont arrivés, et l'intérêt de découvrir des séries B en salle est devenu quasiment néant. La volonté de rendre hommage à cette époque bénie était certes louable, mais économiquement irréfléchie.

En l'état, le segment réalisé par Robert Rodriguez se déguste comme un pur moment de plaisir régressif, 1h40 de cinéma fun, de divertissement jubilatoire dont tout amateur de série B se délectera comme d'un bon gros morceau de gâteau à la crème, et transpire de l'amour d'un cinéma aujourd'hui disparu.

Planète terreur raconte l'histoire d'un petit groupe d'individus luttant contre des humains contaminés par un puissant gaz toxique dans une petite bourgade du sud des Etats-Unis. S'ensuivra une série d'évènements mêlant jambe mitrailleuse, seringues anesthésiantes, baby sitters jumelles, mer des Caraïbes et Oussama Ben Laden.

Le film, peinant à débuter (narration claudiquante, mise en place hasardeuse des personnages, dialogues laissant à désirer), trouvera cependant au bout d'une vingtaine de minutes un rythme soutenu et alternera scènes d'action, séquences gores et idées délirantes (la mitrailleuse, les seringues, le sexe déliquescent du militaire campé par Tarantino), dans une image intentionnellement parasité par des jump cut, des brûlures de pellicule et des altérations de la bobine, afin de restituer le cachet visuel des films de série B et Z de la grande époque.

Nanti d'un casting haut de gamme (la sublime Rose MacGowan, la succulente Marley Shelton, Bruce Willis, Josh Brolin, Michael Parks, Michael Biehn, notamment), Planète terreur constitue une vraie réussite, certes réservée à un public initié, mais transpirant de tous ses pores de l'amour du cinéma.

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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Bruce Kraft 22/07/2010 21:28



Un film vraiment mi-figue mi-raison avec un casting vraiment pas mal mais j'ai eu l'impression qu'on me prenait pour un con en fait....Peut-être que ce film est fait pour des initiés mais j'avoue
que sur ce coup là c'est vraiment jouer la carte "film élitiste" et je n'aime pas trop ce genre de concept...qui me fait penser au cinéma français...dommage car j'adore l'univers Tarantino..



Hattori Hanzo 23/07/2010 08:02



C'est marrant car même si je pense que le film est effectivement avant tout destiné aux initiés (j'entends par là les amateurs de série B et Z à l'ancienne), je ne le consièdre aucunement comme
un film élitiste. Je pense au contraire que des néophytes peuvent y trouver leur compte, même si le public premier est effectivement celui qui aime la série B. Rodriguez proposait un film de
cinéphiles, mais qui pouvaient rallier un nouveau public, pour l'ouvrir à ce type de métrage. Un film à la fois de connaisseurs, mais également ouvert à un public nouveau.



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