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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 17:38

Caricature et indigestion. Tels sont les deux mots qui viennent à l'esprit à l'issue de la projection du nouveau film de Jean-Pierre Jeunet. En racontant l'histoire d'un homme dont la vie a été brisée par des fabricants d'armes, et qui trouve refuge chez une bande de chiffoniers qui vont l'aider à fomenter sa vengeance, le réalisateur déverse sur l'écran une suite ininterrompue de petits moments pseudo-poétiques tels qu'il les affectionne, à tel point que ces derniers vampirisent totalement l'histoire, créant une surdose visuelle et narrative qui détruit le film petit à petit.


Là où la mayonnaise se tenait avec Le fabuleux destin d'Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles, elle tourne ici à une auto-caricature collante, gluante, annihilant tout intérêt pour l'histoire, et ne semblant avoir d'autre but que de rallier le spectateur à la cause visuelle et poétique du metteur en scène. Le procédé a un nom: racolage. Impossible de ne pas voir dans la démarche de Jeunet la volonté d'accumuler, d'entasser, d'empiler le plus de trouvailles possibles, procédé suicidaire s'il en est, puisqu'il réduit à néant toute implication dans l'histoire, tout intérêt scénaristique, en somme, toute envie de suivre le film. Là où Pédale douce oeuvrait dans la démarche putassière la plus ostentatoire, Micmacs à tire-larigot use non seulement du même procédé, mais en se réfugiant derrière une caution se voulant poétique, ne cachant rien de la démarche profondément égoïste d'un réalisateur dont le but est avant tout de rallier tout le monde à sa cause, quitte à envoyer l'histoire à la poubelle.


Par ailleurs, la photographie vomitive de Tetsuo Nagata (déjà responsable de l’hideux visuel de La môme), parachève l’entreprise d’auto-citation de Jeunet, usant des bruns, des verts et des jaunes tant affectionnés par le réalisateur, mais constituant ici une excroissance faisant définitivement basculer le film dans une auto-référence des plus fatigantes. Impossible également de passer outre le choix de Jeunet de faire apparaître à l’intérieur même du film, au détour de plusieurs scènes, des affiches portant l’inscription « Micmacs à tire-larigot ». Si le réalisateur voulait par ce procédé effectuer une quelconque mise en abyme, cette dernière n’a pour effet que d’exclure le spectateur du cours de l’histoire, sans compter le fait d’être totalement ridicule et inappropriée.
L’on sauvera cependant du film 2-3 moments où le sourire pointe le bout de son nez, un casting impeccable excepté un Omar Sy qui n’aurait jamais dû sortir de son S.A.V., ainsi que certaines trouvailles scénaristiques émergeant ça et là.

Mais tout cela est bien maigre, et l’on ressort du film avec la sale impression d’avoir été victime d’une prise d’otages, syndrome de Stockholm excepté.

 

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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