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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 10:48

"Lorsqu'il pénètre votre sang, il devient vite l'hormone numéro un; il supplante les enzymes, commande la glande pinéale, joue avec votre psyché. Comme avec l'héroïne, le seul antidote au cinéma est... le cinéma."

 

En plaçant la danse en lieu et place du cinéma, la citation de Frank Capra, mise en exergue de ce blog, pourrait résumer ce chef d'oeuvre du duo Powell/Pressburger que constitue Les chaussons rouges.

 

Ainsi, le film traite avant tout de passion dévorante, et par voie de conséquence, de son pouvoir addictif semblable à celui d'une drogue. Celle, a priori inoffensive, qui prend le contrôle de votre vie, s'insinuant dans tous les pores de votre existence, jusqu'à la faire irrémédiablement chavirer. Une force impossible à contenir ou à repousser, tant elle s'empare de votre âme. C'est cette force que symbolisent les chaussons de danse rouge que portera l'héroïne dans le film. Chaussons qui la mèneront vers la gloire, mais aussi à sa perte.

Ou quand la dévotion à l'art vous rapproche de la mort.

 

 

 

 

Michael Powell et Emeric Pressburger, plasticiens de génie (Le narcisse noir, autre chef d'oeuvre des deux réalisateurs, en étant une preuve supplémentaire), concevèrent, avec l'aide du chef opérateur Jack Cardiff, une oeuvre à la beauté esthétique hors du commun, poussant le Technicolor à son paroxysme, donnant naissance à des images dont la flamboyance n'a d'égal que le pouvoir de fascination exercé sur le spectateur. Les chaussons rouges s'impose ainsi comme le parangon de la recherche esthétique si chère à Powell et Pressburger, témoignant du souci qu'ils accordaient à la composition picturale de leurs oeuvres, ces dernières ayant traversé le temps avec une aisance remarquable, conservant aujourd'hui encore leur incroyable pouvoir de fascination visuelle.

 

 

 

 

Tiré du conte de Hans Christian Andersen Les souliers rouges, le long-métrage suit le parcours de la jeune danseuse Victoria Page (craquante Moira Shearer, qui ne parviendra jamais à se défaire de son rôle)  prise sous l'aile protectrice et exclusive du metteur en scène Boris Lermontov qui lui confiera le rôle principal de son nouveau ballet intitulé Les chaussons rouges. Totalement dévolu à son art, qu'il considère comme une religion, il insufflera dans le corps et l'âme de sa muse une passion destructrice qui la consumera peu à peu. Les chaussons rouges, qui, dans l'oeuvre d'Andersen, semblent posséder une âme propre contraignant la danseuse qui les porte à danser jusqu'à la mort, serviront aux réalisateurs à la fois de symbole métaphorique mais aussi de mise en abime, réfléchissant ainsi le conte dans l'histoire.

 

http://image.toutlecine.com/photos/c/h/a/chaussons-rouges-1948-02-g.jpg

 

http://farm4.static.flickr.com/3558/3787493937_c8f34cc414.jpg

 

Ayant eu la chance de découvrir ce joyau du cinéma sur grand écran, j'ai ainsi pu savourer la mise en scène de Powell et Pressburger dans les meilleures conditions possibles, la superbe de la photographie et la beauté de la composition des cadres comme autant de tableaux vivants prenant ainsi toute leur envergure, renvoyant au pilori nombre de longs-métrages contemporains, et la majeure partie des jeunes réalisateurs actuels se croyant doués à leurs bacs à sable. 

Les chaussons rouges, ou la beauté à l'état pur.

 


 


 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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commentaires

Sékateur 12/02/2011 18:55



Oups ! Suis-je bête, je l'ai même lue. Désolé, je vois tellement de blogs... J'ai quand même cru que tu tapais dessus à la fin de ton article, en parlant de jeune réalisateur prétentieux... 



Hattori Hanzo 14/02/2011 15:12



Non du tout, je ne parlais pas d'Aronofsky (qui n'est plus tout tout jeune ;-)



Sékateur 11/02/2011 17:40



Je crois comprendre que tu n'as pas aimé Black Swan... 



Hattori Hanzo 11/02/2011 18:00



???? J'ai adoré Black swan ! J'en ai d'ailleurs fait la critique ici !



Cinémartie 10/02/2011 18:05



Ta description lyrique est à l'image du film, magnifique avec ses couleurs saturées et ce rouge qui symbolise à la fois la passion et la mort. Il est dans le même ton que Le narcisse noir que
j'avais adoré aussi.



Hattori Hanzo 10/02/2011 19:49



Je suis bien d'accord avec toi: ces 2 films sont de purs chefs d'oeuvre.


 


 


 


 


 



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