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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 15:33

Après La mariée était en noir (1968), François Truffaut adaptait pour la seconde fois un roman de William Irish avec La sirène du Mississippi, vertigineuse parabole sur l'amour passionnel.

Offrant à Jean-Paul Belmondo l'un de ses plus beaux rôles, Truffaut livre avec La sirène du Mississippi un film terrifiant sur l'amour fou, et dépeint les extrémités auxquelles il peut conduire celui qui en est la victime. Car c'est bien comme victime d'une passion dévorante et irrépressible que finira le personnage interprété par Belmondo, amoureux transi d'une Catherine Deneuve manipulatrice, véritable femme fatale incarnant un ange de l'amour et de la mort dont la beauté n'a d'égale que l'imprévisibilité de ses actes.

La sirène du titre, c'est tout d'abord celle, retentissant, du bateau (le Mississipi) qui emmène le personnage de Deneuve (Marion) vers sa future victime (Louis) sur l'île de La Réunion au début du film. Mais cette sirène, c'est bien entendu Marion elle-même, dont le chant envoûtera le personnage de Louis, pour le mener vers sa perte.

L'une des grands forces du film réside avant tout dans l'évolution du rapport amoureux entre les deux protagonistes. Au départ assez froids et inexistants, leurs sentiments vont progressivement devenir de plus en plus forts, de plus en plus profonds, de plus en plus destructeurs. A ce titre, le choix de Truffaut de débuter son film dans la chaleur de l'île de La Réunion alors que les rapports des deux personnages sont plutôt platoniques, et de le terminer dans la neige et la froideur de la Suisse lorsqu'ils sont à leur apogée amoureuse, crée un contraste saisissant et force véritablement le respect.

Par ailleurs, le personnage de Marion est d'une ambiguité de chaque instant, oscillant sans cesse entre l'amour qu'elle porte à Louis et son attrait irrépressible pour l'argent, attrait qui la poussera aux plus basses vilenies durant tout le métrage.

C'est donc un "film d'amour noir" que nous offre Truffaut avec La sirène du Mississippi, une oeuvre marquante et maîtrisée de bout en bout, qui rappelle si besoin en était que son metteur en scène restera l'un des plus grands du cinéma français.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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commentaires

Tietie007 19/05/2011 10:57



La virilité cabossée de Bebel avec le charme discret de la bourgeoisie ...Un cocktail détonnant !



Hattori Hanzo 19/05/2011 11:00



Oui complètement. Un film que je n'avais jamais vu, et que je trouve somptueux.



martinescherlen@aol.com 13/04/2010 14:12



je me souviens encore d'une réplique où elle parle de la médiocrité. Je ne sais plus exactement la phrase mais c'était assez réaliste...



Hattori Hanzo 19/04/2010 18:45



Je ne savais pas que tu te souvenais si bien du film !



Martine Scherlen 13/04/2010 08:53



Celà reflète totalement ce que j'ai ressenti pour ce film que j'ai vu à plusieurs reprises.



Hattori Hanzo 13/04/2010 08:58



Il mérite effectivement plusieurs visionnages. Du grand cinéma.



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