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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 11:11

Avant de se livrer à une critique d'A toute épreuve, il s'agit de remettre le long-métrage en perspective dans la filmographie de John Woo.

 

Ayant cédé aux sirènes hollywoodiennes alors impressionnées par la maestria visuelle du réalisateur chinois, John Woo réalisa avec A toute épreuve son ultime film hong-kongais, imprimant sur la pellicule les plus grandes scènes d'action de sa filmographie, poussant dans ses ultimes retranchements fusillades, violence chorégraphiée et nombre de cadavres, avec un sens du cadre et de la rythmique visuelle proprement renversant. Woo brûla donc toutes les cartouches qu'il lui restait avant de quitter son pays natal et de s'envoler vers une carrière américaine qui s'avérera en dents de scie.

 

Metteur en scène des désormais classiques Le syndicat du crime, The killer ou encore Une balle dans la tête, John Woo a toujours cultivé une fascination pour la représentation visuelle de la violence. Constituant ses plans comme de véritables ballets musicaux, Woo, à l'instar de Sam Peckinpah, compose ses scènes d'action notamment au moyen de nombreux ralentis ayant pour effet de dilater le temps et de souligner le caractère profondément cinégénique que peut revêtir la violence au cinéma.

 

 

La musique est à ce titre primordiale dans l'oeuvre du metteur en scène, qu'elle souligne l'action ou en fasse partie intégrante (voir à ce titre la scène de Volte/Face dans laquelle une mère place un casque musical sur les oreilles de son enfant pour le détourner de la fusillade qui se déroule sous ses yeux). A toute épreuve n'échappe pas à la règle (le personnage de Chow Yun-Fat joue de la musique dans un club ou chante une comptine aux oreilles d'un nouveau-né lors de la scène finale, entre autres) et s'inscrit pleinement dans le cadre d'une chorégraphie visuelle et sonore de la violence.

 

 

L'histoire assez classique d'A toute épreuve met en scène l'alliance entre deux policiers dont l'un est infiltré dans un gang et l'autre en quête d'une vengeance personnelle, quelques heures avant la rétrocession de Hong-Kong à la Chine. Woo, convaincu d'une explosion exacerbée de la violence et de la multiplication des guerres de gangs dès lors que cette rétrocession serait effective, propose dans son film une véritable apocalypse dans laquelle les bandits sont rois et font régner le chaos le plus absolu. Le film baigne ainsi dans une atmosphère de fin du monde véritablement palpable, trouvant son oméga lors de l'incroyable scène finale: la scène de l'hôpital.

 

 

Cette séquence, longue d'une durée de plus de 25 minutes, est un condensé du meilleur de John Woo, dans laquelle le réalisateur se lâche totalement dans un délire visuel et une maestria technique de très haute volée. Ralentis, plan-séquence, explosions de sang (y compris sur le visage d'un bébé, aspergé du sang de son sauveur), Mexican standoff, l'écran est saturé de figures de style et de véritables jouissances visuelles pour qui apprécie l'action au cinéma. Un peu comme si John Woo voulait faire un ultime baroud d'honneur en son pays, en déversant tout son talent et toute son énergie sur l'écran. Ainsi, l'action ne faiblit jamais et s'enchaîne sans temps mort, plaçant au final son audience dans un véritable état capiteux, le caractère grisant et étourdissant de l'ouvrage achevant de combler les rétines les plus blasées.

 

L'un des Mexican standoff du film.

 

 

 

A toute épreuve, réalisé il y a déjà 18 ans, s'impose donc comme une pièce maîtresse du cinéma d'action dans laquelle la mise en scène de John Woo, alliant grâce du ballet et sécheresse du couperet, constitue un véritable tour de force technique qui, non content de procurer un plaisir visuel de chaque instant, impose le plus profond des respects pour l'un des plus grands metteurs en scène du cinéma d'action

  

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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