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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:00

http://freddyforever.files.wordpress.com/2010/02/nightmare_on_elm_street.jpgAprès avoir fait ses armes avec La dernière maison sur la gauche (parangon du cinéma horrifique des années 70) puis La colline a des yeux, le metteur en scène Wes Craven créait en 1984 l'un des boogeymen les plus célèbres de l'histoire du cinéma: Freddy Krueger. Créature dont la genèse trouve sa source à la fois dans un fait divers qui interpella Craven mais aussi dans les propres souvenirs d'enfance du réalisateur, le monstre au pull-over rouge rayé de vert peut se targuer d'avoir marqué de façon indélébile le cinéma d'horreur des années 80, puisqu'il donna naissance à six suites, inscrivant la saga parmi les franchises les plus célèbres du cinéma.

 

Narrant l'histoire d'adolescents dont les rêves sont hantés par un homme défiguré aux griffes d'acier, le film de Craven marqua toute une génération de jeunes cinéphiles, en même temps  qu'il rendit célèbre l'acteur Robert Englund, l'enfermant cependant pour toujours dans son rôle de croquemitaine.

 

http://ttcritic.files.wordpress.com/2010/10/nightmare-on-elm.jpg

 

Le cinéma d'horreur (principalement celui des années 70), constitue pour nombre de metteurs en scène le moyen d'exprimer un point de vue sur l'état de la société. En vrac, Massacre à la tronçonneuse, La nuit des morts-vivants, Phantom of the Paradise, Zombie ou plus récemment Martyrs, contiennent tous en filigrane une virulente critique de l'état du monde. Ce substrat sociologique (que nombre de critiques dédaigneuses ne veulent pas voir, s'en tenant uniquement à la surface des oeuvres), ne fait pas défaut dans Les griffes de la nuit, au-delà de son statut de slasher movie à l'aune duquel il se doit également, et bien évidemment, d'être mesuré.

 

http://1.bp.blogspot.com/_R3u20PLm4Lw/TLU1nOAxNPI/AAAAAAAAA5U/JafojAFITYU/s1600/nightmare_on_elm_street2.jpg

 

Ainsi, le personnage de Freddy Krueger, tueur d'enfants expédié ad patres par des parents adeptes de la loi du talion, revient semer la mort en s'invitant dans les rêves (cauchemars) des jeunes du quartier. Incarnation du Mal absolu, Freddy a été reclus dans les souvenirs, faisant dorénavant partie d'un passé que l'on veut oublier. En se rappelant au bon souvenir des vivants, il réveille ainsi le refoulé, et ravive des vérités que l'on s'efforçait d'enterrer. Par ce biais, Craven sous-tend son film d'un texte soulignant que le Mal peut venir de l'intérieur (en l'occurence, l'Amérique), et que cette dernière aura beau s'efforcer de se voiler la face et d'adopter la politique de l'autruche, les vérités, aussi inadmissibles soient-elles, finiront toujours pas refaire surface (le "whatever you do, don't fall asleep", déclamé par l'héroïne est ainsi significatif). Ou lorsque le croquemitaine revêt les atours de la critique sociétale.

 

http://www.linternaute.com/cinema/image_diaporama/540/les-griffes-de-la-nuit-17856.jpg

 

http://a31.idata.over-blog.com/0/04/29/98/peyo/peyo-cine039.jpg

 

 

Par ailleurs, le film de Craven possède une ambiance véritablement anxiogène qui participe de la réussite du long-métrage. En effet, Les griffes de la nuit joue énormément sur les ombres, les lieux fermés (les chaufferies qui peuplent le métrage notamment mais aussi le cadre même du rêve, enfermé dans le monde-cerveau des adolescents), la suggestion (Freddy est davantage tapi que visible) et le sentiment de fatalité et d'impuissance face à un monstre immatériel. Ainsi, Wes Craven parvient à cerner les personnages, à verrouiller le cadre et à transformer ses plans en véritables prisons de celluloïd.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/robert-englund/les-griffes-de-la-nuit-a-nightmare-on-elm-street-1984/1993958-1-fre-FR/les_griffes_de_la_nuit_a_nightmare_on_elm_street_1984_reference.jpg

 

Notons enfin la légendaire partition de Charles Bernstein, la première apparition cinématographique de Johnny Depp ainsi que certaines scènes devenues célèbres (le lit crachant du sang, la langue dans le téléphone, les griffes surgissant de l'eau du bain), et l'on obtient l'un des fleurons du cinéma d'horreur des 80's, de ceux qui marquent de manière indélébile les mémoires.

 

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Published by Hattori Hanzo - dans Les films
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Sékateur 28/12/2010 19:17



Encore un classique, une des quelques réussites de Craven. Je n'ai pas vu le remake, et j'ai peur de le regarder... peur de ne rien ressentir, comme pour celui de Vendredi 13... (dont le 1er
distille malgré tout une certaine ambiance, si, si...)



Hattori Hanzo 28/12/2010 20:00



Je n'ai pas vu non plus le remake des Griffes de la nuit. En revanche, j'ai bien aimé le remake de Vendredi 13, bien brutal. Et celui de la Dernière maison sur la gauche est splendide !



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