A l'issue de la projection de Cloclo, l'évidence apparaît plus aveuglante qu'un flash en plein visage: Florent Emilio Siri est parvenu avec son film à supplanter tous les biopics réalisés à ce jour. Et prouve notamment qu'une biographie filmée (même si le terme "film musical" s'adapte bien mieux au long-métrage) ne signifie pas forcément abandon des prétentions artistiques et effacement du point de vue. Là où Olivier Dahan oeuvrait dans la vaine image léchée avec son pitoyable La môme, Siri propose un vrai film de cinéma doté d'une réalisation véritablement ahurissante de maîtrise technique et d'idées de mise en scène.

Suivant la trajectoire de Claude François depuis sa naissance en Egypte jusqu'à son décès Boulevard Exelmans à Paris, le metteur en scène imprime à son film un pouls de plus en plus rapide, le film se resserrant comme dans un entonnoir au fur et à mesure que l'histoire se déroule. Ainsi, aux ellipses du début, le metteur en scène adoptera un rythme de plus en plus resserré autour des heures, des minutes, et finalement des secondes (la séquence de la mort de Cloclo), soumettant in fine le film au rythme de vie du chanteur lui-même.

L'autre grande idée du film consiste à utiliser les chansons de Claude François comme illustrant les différentes étapes de sa vie, à l'image de 17 ans, que l'on entend au début du métrage, lorsque la future vedette est un adolescent et n'a encore composé aucune chanson. L'on se rend compte alors de la grande influence de la vie du chanteur sur ses oeuvres (Comme d'habitude, Cette année-là, Le mal-aimé, etc...), l'existence même de Cloclo pouvant se décrypter au travers des paroles de ses chansons.
Partant du postulat que la maniaquerie, l'opiniâtreté et le souci du détail légendaires de Claude François viendraient du manque de reconnaissance de son père, Siri livre fondamentalement un film s'attachant à dépeindre la relation entre un père et son fils, ce dernier s'évertuant toute sa vie à vouloir prouver à son papa que son choix était le bon et que son travail de "saltimbanque", comme le décrivait son père, était finalement le meilleur pour lui. Oeuvre profondément intimiste, Cloclo ne s'inscrit en outre jamais comme une hagiographie mais se veut avant tout honnête et sincère dans sa description d'un homme dont les aspérités n'avaient d'égal que le caractère insaisissable de sa personnalité.

Toujours au plus proche de son héros, Florent Emilio Siri ponctue son film de plans-séquences absolument renversants, à l'image de la scène suivant Claude François depuis son appartement jusqu'à son bureau, en passant par sa voiture assaillie de groupies. La caméra semble faire fi des obstacles (on entre dans le véhicule, ce dernier se met en marche, roule, la caméra ressort de la voiture, etc...), dans une fluidité proprement sublime qui laisse pantois. La prouesse technique inspire le plus grand des respects, non seulement par sa forme, mais également par le sens qu'elle produit, en nous faisant partager à la seconde près et sur une durée jamais dilatée le quotidien de la star et ce que ce dernier pouvait ressentir, créant ainsi une empathie immédiate pour un homme qui se sera finalement laissé détruire par son souci de reconnaissance paternelle. Chez Siri, la forme dicte toujours le fond, ce qui finalement constitue le propre du cinéma.
Soulignons enfin la magistrale interprétation de Jérémie Rénier, ce dernier parvenant à faire oublier dès ses premières apparitions qu'il est un comédien incarnant Claude François, tant son talent parvient à nous faire croire que l'on se trouve véritablement devant Cloclo lui-même (nul mimétisme, mais une incarnation troublante parvient à créer ce magnifique et déstabilisant subterfuge).
Oeuvre pourvue d'une émotion permanente et d'une mise en scène de très haute volée, soutenue en outre par une partition d'Alexandre Desplat à faire chavirer les coeurs, Cloclo se ressent de la première à la dernière image, et s'impose comme le meilleur film de son réalisateur.
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Après le très remarqué Hunger, le réalisateur Steve McQueen propose avec son nouveau
film une réflexion extrêmement fine et visuellement sublime sur la liberté. Ou comment un être peut se retrouver prisonnier de son propre corps, sans parvenir à se défaire de ses obsessions.
Sex addict, le personnage de Brandon (magnétique Michael Fassbender) passe son temps à rechercher le sexe brut, et à fuir tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin à du sentiment.
Entre putes de luxe, masturbations chez lui ou au travail, backrooms, chats porno sur le net ou triolisme, Brandon organise son temps autour du sexe. Ainsi, la longue séquence inaugurant le
film sur la sublime musique de Harry Escott verra son tempo rythmé par un tic-tac entêtant, révélateur de la mélopée mécanique qui scande les jours du protagoniste.





Brian de Palma, John Woo et JJ Abrams, respectivement réalisateurs des trois premiers
épisodes de la franchise Mission: Impossible, s'étaient vus phagocyter leur vision par la puissante mainmise de Tom Cruise, producteur de la série, soucieux de verrouiller à son image le
maximum de paramètres des trois longs-métrages. Comment Brad Bird, réalisateur du meilleur film des studios Pixar (le chef d'oeuvre Les Indestructibles), comme de son plus mauvais
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Les membres du Splendid l'ont dit et répété: ils ne voyaient pas
l'intérêt de donner une suite aux Bronzés. Le premier volet trouvait son ancrage dans une peinture au vitriol du Club Med, adoptant une approche quasi anthropologique d'un groupe de
vacanciers évoluant en circuit fermé à l'autre bout du monde, dans une micro-société où le sexe constitue la motivation première. Malgré les réticences du groupe de jeunes comédiens à rempiler
pour une séquelle, le producteur Yves Rousset-Rouard parvint finalement à les convaincre de partir sur les pistes de Val d'Isère pour ces Bronzés font du ski. Dire que cette suite
surpasse l'original est un euphémisme.



Un riche tétraplégique s'adjoint les services d'un black de banlieue comme aide à domicile. A la lecture de
ce point de départ, on pouvait légitimement s'attendre à tous les clichés découlant de la collision des personnalités de deux protagonistes qu'a priori tout oppose. Car dans le genre buddy
movie à la française, le film de Toledano et Nakache a le désavantage de venir après La grande vadrouille, L'emmerdeur, La chèvre, ou plus récemment le carton ch'ti de Danyboon. En
gros, après la guerre. Difficile dès lors d'oeuvrer dans l'originalité. Et malgré un premier quart d'heure raté (hors séquence pré-générique sur laquelle nous reviendrons), les deux metteurs en
scène réussissent leur pari. Mais les raisons de cette réussite (et du succès du film en salle) ne viennent paradoxalement pas d'où on les attendait.




























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